‹ SchopenhauerChapitre 61 sur 266 · Preuss. Jahrb., t. XIV, p · texte numérisé non relu

Preuss. Jahrb., t. XIV, p

de Schopenhauer un élément romantique d'importance égale à l'élément rationaliste1. C'est la thèse reprise par Volkelt2. Mais d'autres vont plus loin. Rich. M. Meyer, dans son ouvrage classique sur la Littérature allemande au dix-neuvième siècle, considère Schopenhauer comme « le propre philosophe du romantisme3 ». Hœffding voit, dans Schopenhauer et dans les romantiques, « les fils d'une même race et d'un même esprit4 ». Enfin Karl Joël a consacré un gros chapitre d'un livre trop massif à démontrer la même thèse 5.

Si l'on eût consulté Schopenhauer, nul doute qu'il ne se fût indigné de se voir rangé dans le même groupe philosophique que les plus détestés de ses adversaires. Il a peu parlé du romantisme, et c'a été pour railler les sentiments « artificiels, conventionnels et imaginaires » dont il s'inspire, son « culte ridicule et insipide de la femme », son « penchant à l'amour radoteur, lunatique et suprasensible6 ». Et cependant il a lu les romantiques et il semble bien qu'à une certaine époque il les ait aimés. Les années d'adolescence, où il se passionne pour la lecture, coïncident tout justement avec l'apparition des œuvres les plus caractéristiques du romantisme, YHyperion de Hœlderlin (1797), la Lucinde de Frédéric Schlegel (1799), les ouvrages de Novalis, publiés en 1802 par ses amis Tieck et Frédéric Schlegel, les Minnelieden de Tieck (1803), etc.

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