‹ SchopenhauerChapitre 62 sur 266 · Dans Nietzsche u. die Romantih, léna · texte numérisé non relu

Dans Nietzsche u. die Romantih, léna

6. Monde, Supplément au liv. (II, ch. xxvn, W., t. II, p. 507. Cf. Memor.y p. 190.

LES SOURCES. 99

Nous savons du reste, par plus d'un témoignage, qu'il a manifesté pour ce dernier une bien vive prédilection1.

Que doit-il donc au romantisme? Ce n'est pas le lieu de rappeler ici, tâche malaisée, tout ce qu'a été le romantisme allemand, mélange trouble et malsain d'éléments très divers 2. Il nous suffira de rappeler trois traits essentiels de cette littérature pour reconnaître l'étroite parenté de Schopenhauer et de la génération romantique.

« Le secret de la nouvelle poésie romantique, dit Hettner, est le subjectivisme3. » Il faut entendre ce mot au sens le plus absolu. Le poète romantique ne reçoit rien du dehors, il se crée un monde à lui dans lequel sa « fantaisie » règne en souveraine, monde qui n'est pas simplement une image plus ou moins libre du réel, mais, comme Ta bien noté M. Spenlé 4, une création véritable, une invention ex nihilo, analogue à l'œuvre musicale. « Je suis, disait Tieck, la loi unique de la nature », comme le compositeur est maitre absolu de la tonalité, du rythme, de la mélodie et de l'harmonie. L'imagination est ainsi érigée en fonction indépendante, qui se donne à ellemême sa matière et sa loi.

On pressent, dès lors, ce qu'il y aura de romantique dans la théorie schopenhauérienne de la connaissance. Le Monde

1. « Dein Diebling Tieck », lui écrit sa mère, le 30 janvier 1807 (Schem., p. 55); et son ami Grégoire lui écrit, la même année, au sujet des « choses de Tieck » que Schopenhauer lui a conseillé de lire (ibid., p. 464). Cf. ibîd., p. 532.

2. Voir à ce sujet, entre autres : Hettner, Die romani. Schule in ihr. Zusammenhang mit Gôthe u. Schiller, Brunswick, 1850; R. Haym, Die romant. Schule, Berlin, 1870 ; G. Brandes, Die romant. Schule in Deulschl., dans les Hauptstrômungen der Literalur des 19tcn Iahrh., édition jubilaire, Leipzig, 1897, t. II.

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