‹ SchopenhauerChapitre 67 sur 266 · Ibid., Crit. de la philos, liant., W., I, p · texte numérisé non relu

Ibid., Crit. de la philos, liant., W., I, p

4. Ibid., Supplém., IV, 41, t. II, p. 573 et surt. Parerga, II, g 179, W., V, p. 399.

5. Quelques dates pour fixer les idées. Avant le xvme siècle, quelques missionnaires avaient bien appris le sanscrit pour discuter avec les brahmines; mais ils ignoraient la littérature. Ce sont les Anglais qui, après l'occupation de l'Inde, organisèrent les études indianistes. William Jones (1746-179*) fonde à Calcutta la Société asiatique et introduit enEurope les premières traductions (anglaises) d'œuvres sanscrites : la Çacountala, de Kalidâsa (1789), les Lois de Manon (1794). Bientôt, son compatriote Colebrookes publie le Digeste des

LES SOURCES

nisme, en particulier, datait tout au plus d'un quart de siècle; les Allemands, qui devaient prendre avec Bopp une si belle revanche, s'y étaient ouverts les derniers. Une fois de plus, nous retrouvons ici l'influence du romantisme. Car ce sont bien les romantiques qui ont le plus contribué à acclimater l'indianisme en Allemagne. N'étaitce pas pour eux, aussi bien que le retour aux formes d'art du moyen âge et au catholicisme, le meilleur moyen de discréditer le culte exclusif de l'hellénisme et l'esthétique classique? Ils aimaient à retrouver, dans les formidables poèmes de l'Orient, l'esquisse agrandie, ou plutôt la charge outrancière de leur propre vision du monde, l'illusion de l'être, l'unité vivante des choses, la douleur de vivre. Frédéric Schlegel apprend le sanscrit et publie, en 1808, cet Essai sur la langue et sur la 'philosophie des Indiens 1 , qui est non seulement l'une des premières tentatives de grammaire comparée, mais encore la première étude philosophique sur le panthéisme de l'Inde et contient la première traduction allemande de fragments du Ramayana et du Bhagavadgita.

L'indianisme n'avait donc, au moment où Schopenhauer commença à s'y intéresser, qu'une assez mince littérature.

lois hindoues (1800) et des Lettres sur l'Inde. En France, Anquetil-Duperron, déjà célèbre pour avoir ressuscité la langue de Zoroastre et le Zend- Avesta, avait pu traduire en français, sous le titre d'Oupnekhat, et d'après une version parsi, quelques-unes des plus belles Oupanichads. En Allemagne, G. Forster publia une version allemande de la traduction anglaise de Çacountala (1791). Ce livre eut le privilège d'enthousiasmer Herder et de provoquer ses Lettres sur un drame oriental (Zerstreute Blatier, 1792). En 1797, Hùttner traduisait les Lois de Manou, d'après la traduction de W. Jones. Enfin Frédéric Schlegel aborda lui-même l'étude du sanscrit, qu'il vint apprendre en Angleterre avec Alexandre Hamilton et, à Paris, avec le conservateur des manuscrits orientaux, Langlès (1803-1804).

1. Heidelberg, 1808. Il en a paru une traduction française de Masure, Par., 1837.

Un heureux hasard voulut qu'il le connût au moment précis où il pouvait en recevoir l'impression la plus profonde. C'était à la fin de 1813, durant son dernier séjour à Weimar, alors que, ses études achevées, il commençait à ébaucher son propre système. Il rencontra, dans l'entourage de Gœthe, un fervent de l'orientalisme, Frédéric Maier, conseiller de légation de la principauté de Reuss, qui lui révéla la littérature de l'Inde. Ceux qui, comme Foucher de Careil, ont vanté le service rendu à Schopenhauer par le « célèbre orientaliste » Fr. Maier1, ont été dupes de cette illusion qu'un grand effet suppose une grande cause. En fait, Maier n'était qu'un amateur, chez qui des relations personnelles avec Herder avaient éveillé un goût très vif pour la civilisation et la littérature des peuples de l'Orient. Ce sont les idées de Herder qu'il avait reprises, sans originalité, dans les ouvrages, aujourd'hui fort oubliés, qu'il a consacrés à la mythologie comparée2. Mais, à défaut d'originalité, c'était un enthousiaste que la lecture des poèmes de l'Inde ancienne avait transporté. Comme les romantiques, il éprouvait une « horreur sacrée » en songeant à ces mythes qui, par leur antiquité même, nous aident à remonter « jusqu'aux profondeurs insondables de l'Être primitif3 », et c'est là une pensée que Schopenhauer reprendra presque dans les mêmes termes4.

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