vol., Weimar
SCIIOPENIIAUEK. 8
Spence Hardy1, le Nirvana indien, d'Obry2. Mais YOupnekhat restera son livre de chevet, sa « bible », « consolation de sa vie et de sa mort3 », et l'une des meilleures joies de sa vieillesse sera d'acquérir une statuette thibétaine du Bouddha4.
Quelle est au juste la dette de Schopenhauer à l'égard de l'indianisme? A première vue, on pourrait être tenté de la réduire à peu de chose. Beaucoup des conceptions dont il se plaît à chercher l'origine dans cette littérature s'offraient à lui dans des doctrines plus proches et plus récentes. Il trouvait l'ascétisme et le mysticisme dans la tradition chrétienne, la métempsycose chez Platon, le panthéisme chez Spinoza, enfin la théorie de l'identité de l'objet et du sujet, plus proche de lui encore, chez Fichte et chez Schelling; et, sans doute, on ne saurait sans arbitraire dessiner la limite mutuelle de ces diverses influences. Cependant, si l'on tient compte de la date précise à laquelle Schopenhauer s'est initié à l'indianisme, il faut bien reconnaître que l'influence qu'il en a reçue a été décisive. Il consignait, dès 1816, cette note qu'on peut croire d'autaut plus sincère qu'elle n'était pas destinée à la publicité : « Je ne crois pas, je l'avoue, que ma doctrine aurait pu se constituer avant que les Oupanichads, Platon et Kant aient pu jeter ensemble leurs rayons dans l'esprit d'un homme '. » Cet aveu est précieux; il nous montre que, deux ans avant d'achever le Monde,