‹ SchopenhauerChapitre 70 sur 266 · Houv.Paralip.,N., IV, p · texte numérisé non relu

Houv.Paralip.,N., IV, p

LES SOURCES

Schopenhauer mettait déjà les Hymnes de l'Inde ancienne sur le même pied que les deux seules philosophies dont il ait jamais reconnu l'influence. Il est même possible de remonter plus haut. Une autre note, de 1814, prouve qu'il a déjà pris à son compte cette sentence de Oupnekhat1, qui deviendra le motto du quatrième livre du Monde : Tempore quo cognitio simul advenit, amor e medio supersurrexit. « Dès l'avènement de la connaissance, l'amour s'éloigne2. » En d'autres termes, comme l'explique le contexte, dès que le savoir a pénétré l'illusion du monde dans lequel le vouloir s'objective, celui-ci s'anéantit lui-même. Toute la théorie des rapports de la représentation et du vouloir est en germe dans cette demi-page. Que si, d'ailleurs, on compare de près la première édition du Monde à la dissertation sur la Raison suffisante, on ne peut manquer d'être frappé de cette remarque que, exception faite de la théorie des idées, qui est d'origine platonicienne, tous les thèmes nouveaux ajoutés par le grand ouvrage de 1818 à la thèse de 1813 se retrouvent dans les Védas, les Oupanichads ou dans la doctrine bouddhique. La Raisoti suffisante n'était guère qu'une théorie de la représentation et de la causalité; la volonté n'y est envisagée que comme « principe éthique ». On n'y trouve pas encore de théories telles que l'illusion universelle, l'unité substantielle des êtres, la suppression du vouloir, la morale de la pitié, le Nirvana. Or si, encore une fois, bon nombre de ces thèmes n'étaient pas chose nouvelle au moment où l'ancien Orient fut révélé à l'Europe, il n'en reste pas moins qu'ils forment, dans leur ensemble, un système sans équivalent dans les doctrines

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