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de l'Occident, et dont aucune philosophie n'a plus approché que celle de Schopenhauer.
Notre philosophe doit donc beaucoup à l'indianisme ; il lui doit, notamment, plus qu'au christianisme, dont son système excluait logiquement deux thèses essentielles, l'existence d'un Dieu paternel et l'immortalité personnelle. Gardons-nous, cependant, d'exagérer cette influence. Schopenhauer trouvait dans la littérature de l'Inde une extraordinaire richesse de thèmes à philosopher, mais non une philosophie. On peut dire de tous ces écrits ce qu'il a dit lui-même des Védas : « Ils n'ont pas de forme scientifique; il n'y a ni progrès, ni développement, ni véritable unité... Ce sont, pour ainsi dire, des oracles pleins de profonde sagesse, mais obscurs, isolés et allégoriques1 ». A cette obscurité, il fallait substituer la « pleine clarté 2 » ; à cette dispersion, l'unité d'un système; à ces images, des déductions rationnelles. Cette forme proprement philosophique, il ne pouvait l'emprunter ni au romantisme, ni aux religions, mais aux philosophes proprement dits, dont il nous reste maintenant à déterminer l'influence.
3 5. — Les sources philosophiques. — Gœthe.
Leproblème devient ici plus délicat. Autant Schopenhauer était disposé à se reconnaître tributaire des sciences, du christianisme et de l'indianisme, autant il était peu soucieux, Platon et Kant exceptés, de revendiquer des titres de filiation philosophique. La lecture d'un ouvrage de Crusius3, où il