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traces dans la <puatç d'Aristote, dans le xovoç des Stoïciens. Mais, précisément parce qu'elle serait trop facile, la tâche serait vaine et ne nous apprendrait rien sur les origines précises de la pensée de Sohopenhauer.
Faut-il donc nous en tenir aux propres déclarations du philosophe et admettre que, seuls avec les Védas, Platon et Kant ont été ses maitres? N'est-il pas surprenant que, dans cette liste, il n'ait pas au moins réservé une place à Goethe? Nous avons vu quel accueil lui a fait le poète à Weimar. De cette rencontre, Schopenhauer a gardé un souvenir ineffaçable. Il n'a jamais parlé de Gœthe qu'avec admiration ou respect; il le met au petit nombre des hommes d'élite en qui il n'a rencontré ni sottise, ni méchanceté, ni bassesse1. A en juger par les citations, il n'est pas un écrivain qui lui soit plus familier2. Des vers, empruntés au premier Faust surtout et aux Poèmes, émaillent ses livres et ses entretiens. Aussi bien, avec un peu d'ingéniosité, ou simplement de patience, on trouverait sans peine dans l'œuvre de Gœthe telle idée voisine de telle autre du Monde; dans tel sarcasme des Parerga, on peut, si Ton veut, entendre le ricanement de Méphisto. Car il y a tout, dans Gœthe, le pessimisme, la théorie aristocratique du génie, l'opposition du génie intuitif et de la raison raisonnante. Un critique allemand n'a pas manqué de se livrer à ce petit travail de découpage et de juxtaposition, et il en a conclu naïvement que tout Schopenhauer est dans Gœthe3. Mais qu'on y prenne garde; précisé-