‹ SchopenhauerChapitre 74 sur 266 · Gespr., p. 118. Cf. Memor., p · texte numérisé non relu

Gespr., p. 118. Cf. Memor., p

2. La liste seule en occupe 5 pages dans le Schopenhauer-Register de Hertslet.

3. A. Harpf, Schop. u. Gœthe, ein Beitrag Zur Entwicklungsgcsch. der Schopenh. Philos. , dans les Philos. Monatshefte, t. XXI, 1885, 449-479.

LES SOURCES

ment parce que tout est dans Goethe, pareil rapprochement ne prouve rien sur la filiation historique des idées . Il suffit d'étudier de près les citations empruntées par Schopenhauer à Gœthe, pourse rendre compte qu'en celuici celui-là n'a vu qu'un poète. Ce qu'il lui emprunte, tout comme à Horace ou à Shakespeare, ce sont des épigrammes, des maximes morales, de piquants aphorismes, ou encore de mélancoliques réflexions. S'il a, comme toute sa génération, subi l'influence de Gœthe, c'a été l'une de ces actions diffuses dont il est impossible de fixer l'effet et l'étendue. Sans doute il a pu écrire, à propos de la Théorie des couleurs, qu'il avait été, en l'écrivant, « l'élève personnel » de Gœthe1, car c'était le poète qui l'avait décidé à corriger les théories de Newton. Mais c'est tout justement à l'occasion de ce même problème que Schopenhauer a clairement indiqué ce qu'il voyait en Gœthe : « C'était un poète, non un philosophe; c'est-à-dire qu'il n'était pas animé, — ou possédé, comme on voudra, — du désir d'atteindre les derniers principes et la liaison la plus intime des choses2 ». Et il précise : ce qui arrêtait Gœthe sur le chemin de l'explication philosophique, c'était « cette étonnante objectivité de son esprit, qui imprimait à toutes ses poésies le sceau du génie » , mais l'empêchait aussi de se placer au point de vue du philosophe, qui est essentiellement celui du sujet. Le poète se transporte dans les choses pour les mieux saisir : le philosophe les ramène à lui; ou bien, dans les choses, c'est encore lui qu'il trouve. C'est le point de vue du philosophe que Schopenhauer avait adopté dès le moment où il reprenait, après Gœthe, l'étude

1. Introd.àla Théorie des couleurs, W., VI, p. 19 ; cf. p. 15-16.

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