Parerga, II, g 103; t. V, p
de la couleur; et la divergence intellectuelle des deux penseurs s'accusa si nettement que de cette époque date le refroidissement de leurs relations.
S 6. — Spinoza. — Schelling. — Fichte.
Hâtons-nous d'arriver aux sources proprement philosophiques du système de Schopenhauer. Parmi celles qu'il n'a point reconnues, il en est une, au moins, qu'il nous faut retenir. Comme tous les penseurs de la génération romantique, et à la différence de Kant, Schopenhauer a beaucoup pratiqué Spinoza. Avec Kant et Platon, c'est le penseur qu'il a le plus souvent cité, et, si le géométrisme outrancier, si le théisme, si l'optimisme judaïque de Y Éthique lui inspirent une violente aversion1, il ne reconnaît pas moins à l'auteur le mérite d'avoir nettement rompu avec le double dualisme cartésien de la matière et de la pensée, du monde et de Dieu, c'est-à-dire, en somme, d'avoir préparé la voie au monisme2. Il aperçoit, dans sa doctrine, « du vrai et de l'excellent », notamment cette idée que l'éternité est, de la part du sujet conscient, l'objet d'une expérience intime3; ilreconnait, dans la cognitio tertii generis sive intuitiva, l'analogue de sa propre théorie de l'intuition intellectuelle4. Sans pouvoir entrer ici dans plus de détails, on peut assurer qu'en dépit de divergences profondes, le spinozisme a constamment préoccupé Schopenhauer, qu'il éprouve à tout moment le besoin
1. Cf. J/owde,I,§16; W.,I, p.123; II, Supplém., 4,W., 11, p. 54; 17, p.197; p. 694 ; 50, p. 759-761. — Parerg., I, 47, W., IV, p. 18 et 41-42.