‹ SchopenhauerChapitre 76 sur 266 · Ibid., I, § 34, t. I, p · texte numérisé non relu

Ibid., I, § 34, t. I, p

LES SOURCES

de prendre position à l'égard d'une philosophie qui est à la fois, pour lui, le type le plus achevé de l'intellectualisme qu'il s'agit de ruiner, et le modèle le moins imparfait du monisme qu'il s'agit d'instaurer.

Mais l'influence de Spinoza n'est encore que secondaire1, et même, à certains égards, négative. Plus proche de lui, dans la génération philosophique qui précède la sienne, n'a-t-il pas rencontré, par surcroit à l'action diffuse du romantisme, des influences positives et plus décisives? Il ne saurait être évidemment question de Hegel, que Schopenhauer semble avoir moins connu que détesté. Mais, à Gœttingue, il a lu Schelling2; à Berlin, il a entendu Fichte. Qu'a-t-il gardé de leur enseignement?

On lit dans une note écrite après 1832 : « Fichte et Schelling sont en moi, mais non pas moi en eux, c'est-àdire que le peu de vérité qu'enferment leurs doctrines est contenu dans ce que j'ai dit3. » On est en droit de se demander si la sincérité ordinaire de Schopenhauer n'est pas ici en défaut, si la violence de ses ressentiments contre les « professeurs » ne compromet pas l'exactitude de ses souvenirs. En ce qui concerne Schelling, il l'a lu de fort près, ainsi qu'en témoignent les notes, — une cinquantaine de pages, — publiées par Grisebach4. Or il trouvait dans la Philosophie de la Nature plus d'un thème que devait plus tard développer son propre système ; et, avant tout, l'idée maîtresse : le fond de l'être est volonté. « Woilen ist

t. Elle nous semble avoir été fort exagérée par Sam. Rappaport, dans son Toi. : Spinoza u. Schop., Berlin, 1899.

2. Ainsi qu'en témoigne le livre de prêt de la bibliothèque universitaire. Cf. Schem., p. 534.

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