‹ SchopenhauerChapitre 80 sur 266 · Art. cité, p · texte numérisé non relu

Art. cité, p

2. Sans doute Schopenhauer a loué avec enthousiasme « le grand, le magnifique, F «immortel Voltaire » (Mémo?'., p. 519); sans doute il l'a cité souvent. Nous ne partageons pas cependant l'avis de Wapler qui croit retrouver dans la doctrine de Schopenhauer, notamment dans son pessimisme, l'influence très caractérisée du philosophe français. Ce que Schopenhauer aime à trouver chez Voltaire, comme chez La Rochefoucauld, Helvetius, Chamfort et autres censeurs de la nature humaine « qui ont bien connu cette maudite race-là « (Lettre à Osann, 24 mai 1822, Schem., p. 130), ce sont les traits de satire incisifs, c'est le parti pris de déprécier les valeurs conventionnelles dont se dupe l'optimisme. 11 lit ces moralistes pour y trouver un écho et un aiguillon de sa propre misanthropie. Mais toute sa philosophie, son pessimisme surtout, viennent à la fois de plus et de moins loin : d'une conception métaphysique de l'être, et du fond même de son caractère.

LES SOURCES

gnement de Schulze : c'est Kant et c'est Platon; le premier, parce qu'il ruinait définitivement toute métaphysique conceptuelle ; le second, parce qu'à défaut des concepts impuissants, il ouvrait à l'intuition l'accès de la chose en soi.

C'est donc au terme de cette exploration des sources de la philosophie qu'il conviendrait d'étudier ce que doit Schopenhauer aux deux principaux inspirateurs de sa pensée. Mais la dette est si manifeste qu'on ne saurait l'évaluer sans empiéter sur l'exposé de la doctrine même du philosophe. C'est pourquoi nous renvoyons cette étude au chapitre suivant, où l'analyse des caractères généraux du schopenhauérisme ne saurait trouver de meilleure introduction.

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