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CHAPITRE V

SI. — Schopenhauer et la critique de Kant l.

Un problème, selon Schopenhauer, domine toute la philosophie moderne : c'est celui des rapports de l'idéal et du réel. L'antiquité, sans doute, l'a entrevu. Platon a distingué nettement, dans sa théorie des idées, le point de vue de l'apparence et celui du réel; aussi son œuvre est-elle « la véritable école du philosophe2 ». Mais, chez Platon même, se dessine une double préoccupation qui va compro-

1. C'est, nous le savons déjà, à l'université de Gœttingue, durant le semestre d'hiver 1810-1811, que Schopenhauer, sur les conseils de Schulze, s'est rais à la lecture de Kant. Les notes fort abondantes que lui a suggérées cette lecture, et dont les plus récentes sont au plus tard de 1813, nous montrent qu'en deux ans il a lu de fort près, la plume à la main, les Prolégomènes , qu'il a probablement connus les premiers et qu'il a toujours considérés comme la meilleure introduction à l'étude du Kantisme, les trois Critiques, la Métaphysique de la Nature, la Doctrine du Droit, la Doctrine de la Vertu, la Logique, Y Anthropologie. En revanche, on ne saurait dire s'il a lu la Religion dans les limites de la Raison pure. Des nombreux passages qu'il a consacrés à la discussion du kantisme, les plus importants sont d'abord la Critique de la philos, kant., en Appendice au tome Ier du Monde, W., I, p. 531-677; — dans le Monde môme, les 1-7, 30, 62 et les Suppléments correspondants; — dans Y Éthique, les §§ 6-10 ; — clans les Parerga, 1. 1, le § 13 des Fragments d'hist. de la philos. (W., IV, p. 38-155); — dans les Leçons, N., II, p. 50 et suiv.

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