‹ SchopenhauerChapitre 83 sur 266 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

dance de la pensée et du réel. Or c'était là, dès le seuil de la spéculation, réintroduire la chose en soi avec son existence nécessaire et ses attributs rationnels ; c'était affirmer a priori, pour le cas typique de l'existence divine, l'accord cherché de l'être et de la pensée, la possibilité du passage de l'essence à l'existence1. Tous les successeurs de Descartes, Spinoza au premier rang, « se traînent2 » dans l'ornière du substantialisme ; et c'est en ce sens que Schopenhauer a pu dire que la scolastique, inspirée par Aristote et fondée par saint Augustin, se prolonge au delà du moyen âge et de Descartes lui-même, jusqu'à la Critique de la Raison pure.

Cependant Locke avait préparé la voie à Kant, en notant que certaines qualités « secondes » n'ont aucune réalité en dehors des affections des sens; mais il restait fidèle à la tradition ontologique en réservant la réalité des « qualités premières3 ». Berkeley alla jusqu'au bout de la voie indiquée par Locke; tout ce que nous appelons objet n'est plus pour lui, au même degré, que perception de l'esprit, idée; il est, à ce titre, F « initiateur », le «père » de l'idéalisme4. Mais cet idéalisme « empirique » est encore incomplet ; il se borne à affirmer que l'objet est la représentation du sujet, mais il n'analyse pas cette représentation ; il ne distingue pas les impressions de leur ordre, la matière de la forme5. Hume, enfin, poursuit l'œuvre critique de Locke, en s'attaquant, non plus aux qualités des choses, mais aux lois de leurs liaisons. 11 montre, notamment, à l'encontre de la

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