‹ SchopenhauerChapitre 84 sur 266 · Monde, Supplém., I, W., II, p · texte numérisé non relu

Monde, Supplém., I, W., II, p

thèse ontologique, que la liaison de cause a effet ne saurait être affirmée a priori par un esprit qu'aucune expérience n'aurait informé du mode d'enchaînement des phénomènes. Mais, du coup, « il dépasse le but », en allant jusqu'à nier la valeur objective de la liaison causale elle-même et en la réduisant à une association tout interne d'idées1.

Le criticisme a mis fin à ces fluctuations, en déterminant de façon définitive la relation de l'idéal et du réel. Cette distinction n'est autre que celle du phénomène et de la chose en soi, qui est, répète Schopenhauer avec insistance, « le plus grand mérite de Kant2 ». Si, en effet, comme le soutient Kant, nous ne connaissons du phénomène que ce que notre constitution mentale apporte à l'acte de la connaissance, il n'est plus besoin de sacrifier, avec Locke, les qualités secondes dans l'espoir de sauver du naufrage les qualités premières : les unes et les autres appartiennent également au « phénomène de la chose en soi telle qu'elle est saisie par nos facultés3 ». Kant ne s'embarrasse pas davantage du problème ontologique par excellence, celui de la substance : « Il le dépasse », puisque la substance n'est plus pour lui une chose située hors de l'esprit et que celui-ci s'efforcerait d'atteindre, mais une loi a priori de l'esprit lui-même, une forme antérieure à l'accession de toute matière, une catégorie4. Même solution au problème de la causalité. Ainsi l'adoption du point de vue critique résout les problèmes les plus divers; mieux encore, elle les absorbe, en faisant passer d'emblée toute la connais-

t. Parerga, loc. cit., p. 32.

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