Critiq. de la philos, kant., W., I, p
causalité, sinon une fonction de l'intellect, c'est-à-dire une liaison a priori, mais purement subjective, du divers de l'intuition ? L'espace et le temps, dans lesquels se déroule la relation de cause à effet, ne sont eux-mêmes que des formes subjectives de l'expérience sensible. Cette liaison n'a donc de sens qu'au sein de l'expérience. Entendue comme une action transitive d'un objet absolu x, extérieur à l'intuition, sur cette intuition, elle perd toute signification critique1. Et ce n'est pas seulement l'existence métaphysique du monde extérieur, que la logique du criticisme aurait dû amener Kant à sacrifier; c'est, d'une manière plus générale, celle de l'absolu, de l'inconditionné. Si, en effet, il n'y a de nécessité pour l'entendement que dans la liaison des représentations, il est absurde de chercher au delà de la représentation un clou pour y suspendre la chaîne des relations nécessaires. On ne peut remonter du conditionné qu'au conditionné ; par suite, l'existence du réel, relatif aux conditions de la connaissance, n'implique nullement celle de l'être nécessaire. C'est donc l'antithèse de la quatrième antinomie kantienne qui a raison, contre la thèse, d'affirmer l'impossibilité d'une existence nécessaire hors du temps et d'un commencement absolu2. De quelque côté qu'on l'envisage, comme cause des phénomènes ou comme objet de connaissance, la chose en soi est un monstre (Unding), dont l'entendement ne peut connaître, ni la raison démontrer la réalité; et force sera de l'exclure de toute métaphysique, — à moins qu'on ne puisse établir qu'une certaine expérience est possible de la chose en soi. On le voit, les deux premières objections