Ibid
interprétée, lui paraît avoir ouvert des voies si fécondes, qu'il s'y engage à l'endroit précis où Kant s'est arrêté. « C'est ici, écrit-il, le point... où ma philosophie sort de celle de Kaut, comme le rameau du tronc...; je n'ai fait qu'achever son œuvre1. »
Mais, pour achever l'œuvre delà critique, pour atteindre la volonté elle-même, il fallait abandonner le point de vue critique, qui n'est explicatif que du savoir, et aller, par des voies plus directes, à l'essence des choses; il fallait, à côté de l'intuition sensible, distinguer une autre intuition, celle de l'idée. C'est en ce point précis que le platonisme semble à Schopenhauer rejoindre et dépasser le kantisme.
S 2. — Schopenhauer et le Platonisme 2.
Dès 1814, Schopenhauer notait cette remarque : «L'idée de Platon, la chose en soi, la volonté... tout cela ne fait qu'un3 ». C'est qu'il venait, à Gœttingue, de lire ensemble Platon et Kant et, sans doute sous les indications de Schulze, il avait été aussitôt frappé de la ressemblance des deux systèmes. Avant Kant, Platon avait radicalement distingué l'apparence de la chose en soi et rejeté celle-ci hors du champ de la représentation. Dire, en effet, que l'idée est un type éternel, immuable, qui ne se disperse point dans la multiplicité des choses auxquelles il sert de mo-