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dèle, qui ne s'épuise point à engendrer le particulier, n'est-ce pas impliquer qu'elle est étrangère au temps, à l'espace et à la causalité empirique1?
Ainsi, « le sens intime des deux doctrines est tout à fait le même2 ». Mais le point d'arrivée en est bien différent ; les scrupules critiques, qui ont retenu Kant au seuil du domaine de la chose en soi, n'ont pas arrêté Platon. Kant n'a donné de l'absolu qu'une détermination négative ; c'est, pour lui, ce qu'on ne peut se représenter sous forme d'espace et de temps, ce qu'aucune catégorie ne peut encadrer; c'est le pur inconnaissable. L'idée platonicienne, au contraire, est « quelque chose de connu, une représentation ». Elle n'a pas dépouillé absolument tous les caractères du phénomène, mais seulement les caractères « subordonnés », qualités sensibles, relations de cause à effet, en un mot, tout ce qui fait rentrer les objets de la perception sous la juridiction du principe de raison suffisante ; du phénomène, elle conserve la forme la plus générale de la représentation; au contraire de l'idée kantienne, elle reste accessible à une intuition; en un mot, elle est encore un objet pour le sujet3. Plus précisément encore, l'idée platonicienne soutient avec les objets de la perception une relation, non plus négative, mais positive, celle de l'espèce à l'individu. Et il ne faut pas entendre ici l'espèce, comme le genre, au sens logique d'un extrait inerte, mais au sens dynamique d'une puissance génératrice. L'idée platonicienne est déjà animée d'une sorte de vie; elle se réalise activement dans les espèces animales et