‹ SchopenhauerChapitre 96 sur 266 · Monde, Supplém., 17, W., II, p · texte numérisé non relu

Monde, Supplém., 17, W., II, p

SCHOPENUAUER.

SCHOPENH AUER .

moins à la contemplation désintéressée le spectacle apaisant des formes générales par lesquelles se traduit l'Idée. L intuitionnisme permet donc au pessimisme de ne pas sombrer dans le désespoir. Il colore la résignation d'un reflet de beauté.

S 4. — Objet et méthode.

En faut-il plus pour faire pressentir l'ampleur de cette doctrine? Schopenhauer a défini lui-même la philosophie : « la connaissance inconditionnée de l'essence du monde1 ». La réduire, comme l'ont fait Locke et Hume, à la théorie de la connaissance, c'est laisser de côté les problèmes qui s'imposent le plus impérieusement à la réflexion, celui de la nature et de la genèse des choses, celui du sens et du prix de la vie. Cette philosophie, écrit justement Volkelt, « est d'un bout à l'autre une métaphysique2 »; elle Test dans la théorie de la représentation, qu'elle rattache point par point à celle de la volonté ; elle l'est en morale et jusque dans le détail de l'esthétique . Aucun disciple de Kant n'a plus hardiment restauré, contre la Critique, le droit et le devoir de « l'animal métaphysique » de sonder l'absolu.

Parlerons-nous de la méthode? Schopenhauer a témoigné à ce sujet un mépris systématique. Il a comparé le philosophe qui se préoccupe de définir sa méthode avant de penser, au poète qui s'imposerait d'instituer une esthétique avant d'écrire des vers. « L'esprit qui pense, ajoute-t-il, doit

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