‹ SchumannChapitre 4 sur 12 · PREMIERE PERIODE D ACTIVITE · texte numérisé non relu

PREMIERE PERIODE D ACTIVITE

Dorn devait plus tard compter au uombre des adversaires le> plus intransigeants de Wagner. Mais Schumann ne se laissa pas le moins du monde rebuter par les redoutables exercices de basse générale et de contrepoint auxquels Dorn l'astreignit. Et, tout en se plaignant à Wieck de la difficulté qu'il éprouvait à « s'amalgamer » à son professeui, qui voulait lui faire admettre que « la musique, c'était la fugue », il travaillait avec un zèle sans cesse renouvelé. Et il garda toujours à Dorn une vive et affectueuse reconnaissance dont maintes lettres témoignent.

C'est le temps où apparaissent ses premières œuvres publiées; d'abord, les Variations sur le nom d'Abegg.

assez poétiques et personnelles déjà, en dépit de l'influence évidente de Weber et de Hummel; puis, les Papillons, série de douze ravissantes piécettes où on le reconnaît déjà tout entier

avec son humour paisible, sa grâce tendre, son sentiment discret mais intense de l'expression poétique et pittoresque : ensemble de traits par où il reste imique entre tous les musiciens.

De la même époque datent un Allegro destiné à faire partie d'une sonate, mais publié seul sous le numéro d'œuvre 8, et des Variations non publiées. Enfin vSchumann continua de travailler à son Concerto en Fa, qu'il ne devait jamais terminer quoiqu'il en ait soumis un fragment à Hiunmel — dont il ambitionnait de recevoir des leçons.

Théodore Tôpken.

Il inaugura cette même année la brillante série des études et articles de critique ou de polémique qu'il poursuivra presque jusqu'à la fin de sa vie, et où se plairont si fort son activité combative et son enthousiasme. A Vienne venaient de paraître les Vanations pouv piano et orchestre sur un thème (^e Don Juan de Mozart de Frédéric Chopin, de qui aucime oeuvre, sauf le Rondo op. I, n'avait encore été publiée, et qui par conséquent n'était connu que par ceux qui avaient pu l'entendre jouer. A peine Schumann eut-il pris connaissance de ces Variations qi 'il écrivit d'enthousiasme un copieux article sur le nouvel astre, dont il saluait ainsi, un des premiers, l'apparition. Il envoya cet article à Finck, rédacteur de la réactionnaire Allge meine Muzikzeitung, accompagné de la lettre suivante :

« I,eipzig, le 27 septembre 1831.

« Si, Monsieur, à titre d'aide à vos travaux littéraires sans doute bien accablants, vm jeime collaborateur pouvait ne point vous être mal venu, le soussigné vient s'offrir à ce titre. Des feuilles ci-incluses, qui pourraient être suivies d'ime longue série d'analogues « Céciliana », je vous prie. Monsieur, de ne pas préjuger ce que seront les autres : elles seront plus analytiques et techniques, celles que je vous offre ici n'ayant pour but que de rendre la première impression produite sur moi par une œuvre géniale de l'époque la plus récente.

« Ayant mainte raison d'être modeste, je vous prie d'effacer ce qui vous déplaira ou bien ne convient pas. Le titre « Céciliana » ne me plaît pas tout à fait. Vu que ce doivent être mie série de critiques, vous pourriez peut-être les intituler « l'Odéon »...

« Je me permets enfin de solliciter ime ligne de réponse, me disant si la « Céciliana » peut paraître dans la Gazette Musicale et quand; et, pour le cas où le style et le projet d'un ensemble ne vous déplairaient pas, si je dois en envoyer im nombre plus ou moins grand. »

Robert Schumann.

(D'après la lith. de Kiiehuber )

&U SCIUMANX

L'article en question tranchait singulièrement avec le ton coutumier de VAllgemeine Mitsikzeitung, qui témoignait fort peu de clairvoyance et encore moins de sympathie aiix efforts nouveaux, et dont vSchumann devait peu après s'efEorcer d'annihiler l'influence par la fondation de la Neue Zeitschrift fur Muzik. Néanmoins, il fut accepté et parut au début de décembre (i). En voici vme partie. On verra plus loin quels sont les personnages que Schumann y met en scène.

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