‹ SchützChapitre 13 sur 146 · C. von Rommel, ouvr. cité, pp. 453 et · texte numérisé non relu

C. von Rommel, ouvr. cité, pp. 453 et

2. Un symphoniacus fut congédié parce que son père était Schweine-Schneider (C. von Rommel, p. 4o5).

3. Musikgcscliichtlichc Aufsdtze , p. 7. On se gardait bien, d’autre part, de laisser croire aux écoliers nobles de Cassel qu’il leur suffisait d'être bien nés pour qu’on les honorât; ils avaient à disserter sur des su jets tels que celui-ci : « Il serait à souhaiter que l’on s’abstint de tirer le chapeau à un noble, s’il n’a obtenu quelque grade à l’Université, ou s'il n’a aidé à combattre l’ennemi de la patrie. » (G. von Rommel, p. 453).

geait plus qu'à retenir les Institutes , et à les commenter, à interpréter les Quaestiones dePhil. Heinrich Ilœnonius, et à se familiariser avec les œuvres d’autres bons auteurs1. Bientôt, il montra, dans une Dispulalio de Legatis, qu’il avait fort bien employé son temps. Ses parents étaient dans lajoie,carilsn’auraient jamais voulu, il nous l’assure lui-même, qu’il filprofession de musique. Mais, par un signe exprès de la volonté de Dieu, écrit-il encore, il advint que Maurice se rendit à Marbourg, pour visiter ses étudiants. Il avait sans doute reconnu, dans les années précédentes, que Sclnitz était particulièrement doué pour la musique; lorsque son ancien choriste parut devant lui, il lui exprima son étonnement de le trouver uniquement attentif à l’étude du droit, et enlevé pour toujours à la musique : il avait tort de ne passe servir des dons qu’il avait reçus, et de ne pas profiter des circonstances. En Italie, vivait encore un maître célèbre, Giovanni Gabrieli, mais il était bien vieux : au lieu de passer son temps à l’université, Scluitz serait plus sage de recueillir les dernières leçons d’un tel compositeur, avant qu’il disparût. S'il voulait aller à Venise, et travailler avec lui, le

i. Sermon funèbre, d'après l’art, de Beyer, p. 173. Les ouvrages de P. H. von Hocn (Hoenonius) étaient encore tout nouveaux.

LA VIE

landgrave était prêt à lui concéder un stipen dium de 200 thalers par an. Schütz hésita: il craignait d’être lié, sans recours, à la musique ; en même temps, il aurait bien voulu voyager, il était « curieux de voir le monde. » Pour sauvegarder l’avenir, il pria Maurice de lui permettre de reprendre ses études à l’université, si le métier de musicien lui déplaisait. Le landgrave lui laissa toute liberté, et il partit pour Venise, la même année (1609), contre le gré de ses parents.

Venise était déjà une des capitales de la musique, la patrie d’une musique somptueuse et diverse, qui étonnait l’auditeur et le captivait. Quand Taine parle des peintres de Venise, il admire la « riche harmonie » de leurs tableaux, harmonie « qui sort des couleurs ménagées, opposées, composées, comme un concert sort des instruments, et qui emplit l’œil comme le concert emplit l’oreille 1 ». La comparaison eût été encore plus juste, si Taine avait ajouté un seul mot. Car nul concert ne « remplit mieux l’oreille » que le concert de la musique véni-

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