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L’ŒUVIiE

que des montagnes chantantes et des arbres amoureux, auxquels, dans les ballets, sa musique a prêté une voix ; et, dans les jours de désespoir, il a bien reconnu que, comme le dit le peuple, les pierres avaient plus de pitié que les hommes1. Il sait aussi ranimer le souvenir des paysages agréables : dans l’introduction de Der Ilerr ist mein IJirl 2, les tierces successives tinlent comme les clochettes d’un troupeau; plus loin, il donne la grâce nonchalante d’un chant de berger au motif pour lequel le ténor exprime « er weidct midi auf ciner griiuen Auen », et cette lumineuse pastorale, à peine troublée par quelques phrases de l’alto, se termine par la reprise de la première partie : il semble, ainsi, que toute la scène se joue dans le même décor charmant3. Ce sont bien des scènes, en effet, ou des séries de scènes, que ces grandes compositions religieuses. Schütz ne manque pas de nous signifier qu’il les a

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