‹ SchützChapitre 132 sur 146 · Lettre citée, p · texte numérisé non relu

Lettre citée, p

2. N° i. Ces agréables suites de tierces, dont on a, plus tard, usé sans mesure, avaient encore delà nouveauté. Schütz les emploie déjà dans ses premières œuvres. Elles abondent chez Grandi, et Monteverdi n’en dédaigne point la facile suavité (voy. les Scherzi musicali à 3 voix, de 1609. Copie communiquée par MIlü Pereyra. Il est à souhaiter que cette œuvre aimable soit bientôt publiée).

3. Ces pages sont peut-être inspirées à Schütz par le charmant paysage de la région qui s’étend entre Dresde et Torgau : Ph. von Zesen en loue la verdoyante fécondité dans son Adriatischc Rosemund (1645. Ed. M. 11. Jellinck, 1899, p. 208).

conçues en musicien de théâtre : toujours, il nous rappelle, par quelque moyen, que nous sommes, que nous devons être, non seulement des auditeurs, mais encore des spectateurs. Il prétend que nous compléterons les tableaux qu’il a vus, et dontsamusique nous présente quelques traits. Quand il interprète ce passage du psaume 127, « si le Seigneur ne garde point la ville, c’est en vain que veille celui qui la garde », il nous propose l’image de cette sentinelle dont la vigilance est inutile. Au-dessus des voix, sonne l’appel du cornet, ad imitationem cornu vigiles; il se répète, sur la même note, puis un ton plus haut, maisleschanteurs continuent leurs paisibles vocalises, quelle que soit la véhémence du signal d’alarme, qui en trouble le rythme : vraiment, ce signal a retenti en vain. Dans la même pièce, les descriptions et les commentaires ingénieux abondent. Lorsque la basse entreprend de dire, « en vain, vous vous levez tôt », les violons interrompent, par un motif qui descend, la mélodie montante que les paroles avaient suscitée. Pour figurer le long repos, Schütz écrit :

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après que l’on a chanté « Vous qui mangez le

L'ŒUVRE

pain de la douleur », il l’ail entendre une âpre symphonie, puis dépeint par des notes lentes et adoucies [piano) le calme du sommeil ; il lance, depuis la basse, un motif qui se propagera jusque dans l’orchestre, pour symboliser les flèches que décoche une main vigoureuse, et fait resplendir en unissant les instruments et les voix, les paroles de bénédiction : « Bonheur à celui dont le carquois en est rempli »*.

Dans quelques « symphonies », les personnages interviennent. Joseph, Marie et Jésus déclament en style de récitatil, dans une « symphonia » qui pourrait avoir pour titre « l’Enfant Jésus au temple »1 2; Scliiitz emploie aussi le langage de l’opéra quand il interprète le discours de 1 ange à Joseph : « Lève-toi, prends l’enfant et sa mère, et fuis »3 ; il procède tout de même, quand il lait dire au Christ : « Rendez à César ce qui est à César » 4. Mais le principal personnage, c’est le chœur, voix du peuple, voix de la conscience, voix de Dieu. Il agit, souvent, comme dans la tragédie classique : peut-être Scliiitz en a-t-il ainsi compris le rôle parce qu’il a vu, jadis, les pièces

2. 10e vol., n° 4. Chaque fois que Jésus prend la parole, les violons l’accompagnent.

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