Voyez, en particulier, les motifs des n08 a, 3 et
3. Les images contenues dans le 4e motet sont d’une sobriété et d’une vigueur incomparables (la grâce de Dieu qui descend sur le chrétien; le combat, la confiance en Dieu).
Précurseur, a passé la plainte de Schütz, las d’exhorter en vain les musiciens allemands,
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et, avec Rachel, qui « ne veut point être consolée », il pleure tous ceux qui lui ont été enlevés.
A vrai dire, Schütz n’avait point crié « dans le désert ». Printz a dit fort justement que, cc vers i65o, il était tenu pour le meilleur de tous les compositeurs allemands » J. En i652, Joh. Rosenmüller conseillait aux musiciens de chercher, dans les Symphoniæ sacræ de Schütz (1647), les préceptes pour exécuter correctement ses propres œuvres1 2. En 1657, Elias Nathusius,
1. Ilistorische Beschreibung der edelen Sing- und Kling- Kunstf Dresde, 1690, p. i36.
2. Cité par M. Aug. IIornefFer {Joh. Rosenmüller , 1898, p. 3o). Rosenmiiller, à Leipzig, et Delphin Strunck, organiste à Brunswick, s’étaient chargés de vendre les « symphonies » de Schütz, publ. en 1647. Rosenmüller s'est peut-être souvenu d’un motif souvent répété par Schütz dans cette œuvre (éd. Spitla, 7e vol., pp. 27, 33,46), quand il écrivit la ritournelle de son Di a logo... von Tobia undt Haguel (Upsal, Tab. 81). A la vérité, le même motif se trouve aussi dans V Ilistorianuptiarum in Cana de Stef. Bernardi (4e partie des Geistliche Concerten publ. par Ambr. Profe, 1646). Comparez aussi certaines phrases montantes de Schütz (pet. concerts spir. éd. Spitta,
L'ŒUVRE
qui demandait la place de canlor à Saint-Thomas de Leipzig, déclarait qu’il ne craignait aucun musicien, que Sehütz, Parentem rnusicae nostrae modernae1. Dans les pièces de vers qui sont jointes au Neugepflanzter Thiiringischer Lustgarten de J -R. Ahle, publié en 1667, Sehütz est nommé parmi les « grandes S » qui sont célèbres dans la musique, et Michael Jacobi le met au-dessus de tous les compositeurs allemands2. Hors d’Allemagne, ses œuvres sont connues et admirées. Gustaf Düben, maître de chapelle de la cour de Suède, copie, « le 4 mars 1657 », le gracieux madrigal allemand Liebsler, sagt in sussent Schmertzen deine Sulamitin 3 et, dans les
p. 187, et 3" partie des Symph. sacrae, n° 6, und bleib nlldd), avec la phrase de Rosenmiiller, der Gott Abraham, etc. (cf. D. Buxtehude , p. ii5).
i. Wustmann, ouvr. cité, p. 210.
•2. Voy. le Catalogue critique et descriptif des impr. de mus. conservés à la hibl. de l'Université royale d’Uvsala nar M. Rafael Mitjana, I, 1911, col. 2 et 3. F ’ P
3. Upsal, Vokalmusik i Ilandskrift, 34 ; 3 (publ. dans le i5° vol. de led. Spitta, n° 4). Le texte de cette composition est d’Opitz. Sehütz avait entrepris d’écrire une série de madrigaux allemands, pour lesquels il avait réuni des poésies avec beaucoup de peine (lettre à Caspar Ziegler, du 11 août i653 citée par Spitta, dans la préf. du i5* vol. des œuvres de Sehütz). Il est inutile de rappeler ce que j’ai déjà indiqué plus haut des rapports de Sehütz avec les poètes allemands de son temps. Je dois ajouter cependant que, en i65i, il mit en musique une poésie de David Schirmer, pour les fiançailles delà veuve du prince Christian de Danemark avec F. -W. deSaxe- Altenbourg (i5e vol. des œuvres complètes, n° 12). Dans son histoire du Lied , déjà citée, M. Kretzschmar a signalé, d autre part, l'influence de Sehütz sur les compositeurs de « chansons » allemandes.
Sciiutz. » »
SCHU'l’Z
manuscrits de la bibliothèque d’Upsal, se trouvent encore d’autres compositions de Scluitz, recueillies peut-être à la même époque.
Quelques-unes de ces œuvres attribuées à Henricus Sagittarius sont restées inédites. Ainsi, le sombre Erbarm dicli mein, o lierre Gott, pour soprano solo cou 5 viole, dont 1 introduction commence ainsi1 :
Ainsi, le Magnificat pour quatre voix et cinq instruments, où, avant Fecit potentiam , nous remarquons les mêmes figures que dans le Magnificat allemand cité plus haut (p. 209) 2.
1. Upsal, V. m. i II. 34- 1. ( Tab . 81. f. 46). — La renommée de Schiitz était restée grande dans les pays du nord: vers 1662, Caspar Fôrster, ancien maître de chapelle du roi de Danemark, vint le visiter à Dresde (Mattheson, ouvr. cité. p. 75).
,j Upsal V. ni. i. //., 34 : 4. Cette composition est faite pour 4 voix. 2 violons, 3 trombones et violone. Dans la môme
Quelques autres compositions ont le même caractère que les motets allemands1, et c'est avec la même simplicité forte que Sclnitz a traité ses « Histoires de la Passion » d'après les évangélistes Matthieu, Jean et Luc 2. Les voix seules, et sans aucun accompagnement, y sont admises. Au texte évangélique sont ajoutés, dans chacune de ces œuvres, un In.tr oitus et une conclusion; Vlntroitus n’est que le titre chanté de Y If istoria : « La passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, telle que la décrit le saint évangéliste Matthieu (ou Jean, ou Luc) » : la conclusion est une action de grâces. Dans la Passion selon saint Matthieu, le récitatif de Y « historien », de Jésus, de
série de manuscrits (34 : 5), on conserve un O bone Jesu à 6 voix en concert et 6 in Iiipieno si placet , avec 7 instr. à cordes, qui est encore inédit, et un O siisser Jesu Christ tiré des Zwôlff Geistliche Gesdnge de Sclnitz, publ. par Chr. Kittel en 1657 (12e vol. de l’éd. Spitta). On trouve daus cette collection un Kyrie allemand sur le Kyrie fous bonitatis grégorien (120 vol.).
1. P- ex. les psaumes d’après Becker, les Exequien, les 12 chants spirituels de 1657.