Ed. Spitta, ier vol
Pilate, etc., est chanté par des solistes, sans basse continue ; il est écrit en notes de plainchant, mais la mélodie en est inventée par Schiitz 1 : solennelle dans les réponses de Jésus au grand prêtre, comme dans les paroles de l’institution de la cène, émouvante dans la dernière invocation à Eli. Le discours des personnages que le chœur représente est, aussi, fort bien caractérisé. Il n’y faut pas chercher d’interprétations trop étroitement déterminées; mais on y observe, partout, une parfaite justesse de sentiment. Les Juifs, les hommes d’armes, les anciens du peuple chantent avec une rudesse qui, à vrai dire, est de tradition : dans le chœur d’action de grâces, les chrétiens disent leur pitié, leur reconnaissance pour les souffrances2 de Jésus-Christ; ils célèbrent sa gloire, en accords bien cadencés, et le supplient encore avec tendresse ; mais leur dernière prière a l’impassible majesté de la liturgie.
Écrite dans le mode phrygien, la Passion selon saint Jean3 semble, pour l’auditeur moderne, plus sombre que la Passion selon saint Matthieu, dont les mélodies sont à peu près formées