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L’CEUV RE
comme clans notre mode mineur. L’expression n’en est que plus forte. Les procédés sont d’ailleurs les mêmes dans les deux œuvres. Les « valets de guerre » saluent Jésus par des accords dont les dissonances semblaient « amères » aux musiciens du xvnc siècle, ils l’acclament avec un empressement ironique1, et, par le rythme de volte, hâté jusqu’au prestissimo , se manifeste l’emportement avec lequel der ganze Haufe exige que le « roi des Juifs » soit crucifié 2. Tous ces chants des ennemis du Christ sont rigides et martelés : Schütz représente les accusateurs et les bourreaux du Sauveur tels que les vieux peintres nous les ont montrés. Dans le dernier chœur, il exprime en perfection que la reconnaissance du chrétien n’égalera jamais le bienfait qu’il a reçu, que le pécheur sera toujours accablé par sa dette, qu’il sera toujours, pour la payer « pauvre et faible ».
Dans la passion selon saint Luc, dont le mode correspond à peu près à notre ton de fa % les chœurs des disciples sont d’une vivacité particulière ; ils chantent, comme des guerriers : « Seigneur, voici deux épées »; et le chœur où ils proposent à leur maître de frapper avec le glaive,