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L’ŒUVRE *237
dans l'enthousiasme où le met la révélation des vérités divines1. Nous le savons par les petites pièces de vers qu’il joint quelquefois à ses œuvres : il compose comme il prierait ou comme il méditerait. 11 ne chante point pour plaire au monde % mais pour satisfaire aux désirs de son âme religieuse. A la fin de son « histoire de la Résurrection, il s'adresse à Jésus- Christ : « Seigneur, je suis parvenu à chanter ta résurrection; ordonne-moi aussi, au dernier jour, de sortir du tombeau : je veux, d’une voix éternelle, te louer au ciel avec les Séraphins 8. » La prière et la musique de Schütz ont la même sincérité*; et c’est à cause de cela, justement,
1. -M. R. Rolland a déjà remarqué ( L'Opéra en Europe), .avec quelle vigueur Schütz interprète ces paroles « cela est certainement vrai », dans son motet pour J .-H. Schein (12e vol., nu 2).
2. Aux « sept paroles » de Jésus-Christ (ier vol., p. i45) sont joints ces vers :
Lebstu der Welt, so bistu todt,
Und kranchst Christum mit Schmertzen ,
Stirbsi aber in seinen Wunden roth ,
So lebt er in deim Hertzen.