Geschichte der Molette , 1908, p
2. Geschichte der Klaviermusik , de M. Max Seiflert, 1899, p. 75.
Fugger1 remontait, sans doute, à ce temps-là. Peu à peu les musiciens allemands s habituèrent à le considérer comme le premier dans son art. Sa réputation alla jusqu’au Danemark. En .599, le roi Christian IV lui confia plusieurs élèves ; sur son ordre, au printemps de cette année, partirent pour Venise les chanteurs Andréas Aagesen et Wilhelm Egbertsen, ainsi que l’organiste Melchior Borchgrevinck et ses deux apprentis, Hans Nielsen et Mogens Pederson. Ils y restèrent un an, et, dès 1 année suivante, Hans Nielsen y conduisit deux autres musiciens, Hans Brockrhode et Niels Mortensen Kolding. Leur séjour fut de deux ans, et, peu de temps après leur retour, le roi dépêcha de nouveau Mogens Pederson vers Giovanni Gabrieli. Par une lettre datée du 3 avril i6o5, le roi demandait au maître vénitien de presser Pederson, afin qu’il pût, au plus tôt, servir à la cour avec honneur2. Pendant que Pederson était à Venise, parut, chez un éditeur bien connu de cette ville, Angelo Gardano, le premier livre de madrigaux à cinq voix de son émule, llans Nielsen. La
1 Sloria délia Musica sacra nella già cappella ducale di San Marco in Venezia dal i3i8 al i797, par Francesco CaCh, I, Venise, i854, P- «75 et *77-
2 Je prends ces renseignements dans l’ouvrage de M. Angul Hammerich, Musiken ved Christian den Fjerdes Hof, Copenhague, 1892, pp. 34> 35 et 188.
LA VIE
dédicace au roi est datée de Venise, le ier avril 1606; Nielsen, qui a jugé bon de prendre le nom de Giovanni Fonteijo, écrit son épltre en italien. Il espère que, par son œuvre, 011 verra qu’il ne s’est pas soumis en vain à « la discipline du très excellent Signor Giovanni Gabrieli, organiste delà Sérénissime République, et homme de telle valeur que chacun le sait1 ». A son tour, Mogens Pederson publie des Madrigali à cinqve voci , les dédie aussi au roi, le ier avril 1608, de Venise, et loue son maître Gabrieli, « vraie lumière de la musique2 ». En 1609, enfin, un autre élève de Gabrieli, Joli. Grabbe, l’organiste du comte de Lippe, fait paraître, à Venise un livre de madrigaux à cinq voix3 *.
Cette préférence des musiciens allemands et danois pour Venise, causée d’abord par le désir de recevoir la doctrine de Gabrieli, vient aussi, probablement, de ce que les Vénitiens sont, envers les protestants, d’une tolérance parfaite.
1. Di Giovanni Fontciio Danese... Il primo lihro de Madrigali a cinq ne Voci , Venise (Gardano), 1606 (Bibi. nat. liés. Vra7 590). En 1604, Orazio Vccchi avait dédié à Christian IV ses Veglie di Sienna.
2. Di Magno Petreo Dano , Madrigali a cinqve voci , libro primo. Voyez l’art, de M. S. A. E. Hagen, Bemaerkninger og Tilfôjelser til Dr. Angul Hammerichs Skrift , Musiken ved Christian den Fjerdes Ilof , dans le Ilistorisk Tidsskrift , 6e série, IV, Copenhague, 1893, p. 4^5.