LA VI JJ
On y voyait des Turcs levantins avec leurs turbans jaunes, des Arméniens qui vendaient les ♦oiles de coton, le musc, les calottes de poil de chameau. Les Turcs et les moines, les nobles et la populace assistaient, mélangés, aux harangues des charlatans, quand ils tiraient « grand ai gu ment de la vertu de leurs électuaires » et de leur mithridate. L’un de ces guérisseurs infaillibles, Amorevoli, dit l’Indien, avait une suite de 14 ou io hommes d’épée. Venise est d’ailleurs la ville des cortèges. Si l’on baptise un Turc, il est conduit à l’église au son des tiompettes et des violons; à certains jours de fête, le doge est mené « en triomphe » à l’office, écrit du Val, « avec les huict estandars, six trompes d’argent, les haultbois, le cierge blanc, le cuissin de drap d’or, la chaire d’or, son parasol, et l'espée 1 ». La procession de la Fête-Dieu est d’une magnificence inimaginable ; des « théâtres de triomphe » sont élevés çà et là, et on y voit de « fort belles filles », les sénateurs sont en grand costume, les trompettes sont vêtus en Turcs (1608) 2 ; une autre fois, les hautbois portent de « longues robes à grandes manches de camelot, de soie turquin ou plein, de couleur