Arno Wern 'r, ouvr. cité, p. 4T
LA VIE
tenus en haleine. Ils ont mainte occasion de se signaler : en 1617, du 25 juillet au i3 août, l’empereur Matthias et le roi de Bohême, Ferdinand, sont les hôtes de l’Electeur. Schütz écrivit des vers pour les accueillir, en latin et en allemand, et les mit en musique. Les vers ont été imprimés, mais la musique est perdue; nous n’en savons que ce que nous rapporte le correspondant du Mercure François : « En entrant dans le chasteau de Dresda, la musique de voix et d’instruments qui estoit dessus la porte feit une douce mélodie sur la bienvenue de Sa Majesté Impériale1... » Dans l’une de ces pièces, écrite en forme de dialogue, paraissent Apollon et les neuf muses. C’est de la poésie d’école, telle que l’on en fait avec un manuel de mythologie et un dictionnaire d’épithètes. Comme il n’est point des leurs, Schütz gagne à ce talent d'être bien vu des poètes. Quand il donne au public ses psaumes « à plusieurs chœurs » en 1619, Johann Seuss vante, en vers latins, les mérites du musicien, en qui revivent les deux Gabrieli2, et, pour son mariage, qui est conclu le jour même où les psaumes paraissent, Conrad Bayer (. Bavarus ) écrit un
1. Vol. de 1619, p. 139: les poésies ont été conservées (voy. Spitta, Musikgeschichtliche Aufsatze , p. 14, et prêt, du i5c vol. des œuvres complètes de Schütz, p. vu).