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Wustmann, ouvr. cité, p

LA VIE

était d’ailleurs renommé alors, pour l’allègre vigueur de sa musique. « Quand les chants de Schütz retentissent, écrit Fleming vers i63i, la joie de la Saxe grandit *. » Ces mots, écrits quand le musicien était accablé par la douleur, forment un bel éloge de sa force d’âme. Mais il fallait, du moins, qu'il pût faire entendre ces chants qui guérissaient de la tristesse ; l’affaiblissement de la chapelle ne le lui permettait plus. Ses efforts pour la relever étaient inutiles, et il prévoyait que, tant que l’on serait en guerre, il ne parviendrait pas à la rétablir, finirait par désespérer, et n’aurait plus le courage de composer. Aussi désirait-il vivement quitter Dresde, et se retirer dans l’Allemagne du Nord, où il ne serait plus troublé dans son inspiration, et écrirait à son gré. A plusieurs reprises, il avait demandé un congé d’un an; depuis le printemps de i632, il renouvelait ses instances, sans résultat, et il se serait peut-être lassé, quand, dans les premiers jours de i633, il fut appelé par le prince royal Christian de Danemark à gouverner la chapelle royale

i. Paul Flemings deutsche Gedichtey éd. par Lappeuberg, I, 1 865 , p. ia3 ( Viertes Bach poétise hcr IValder , pièce adressée au luthiste de Prague Johann Klipstein). En i63a, Fleming dédia un poème allemand de îo strophes à Schütz : la mère du musicien, qui paraissait mourante, avait été ranimée quand ou lui avait annoncé l’arrivée de son (ils Heinrich (éd. citée, p. 331, et Lateinische Gedichley éd. Lappenberg, i863, p. 395).

de Copenhague pendant les fêtes de son mariage avec la princesse Magdalena-Sibylla, fille de l’Électeur de Saxe. Il avait reçu l'invitation du prince par Friedrich Lebzelter, envoyé de Saxe à Hambourg1. Le 9 février 1 633, le compositeur adressa un « très humble mémoire » à Jean-Georges, lui rappelant qu'il le priait depuis longtemps de le laisser partir pour la « Basse- Saxe 2 » ; il avait divisé sa supplique en huit paragraphes où il démontrait que, pendant ce temps de guerre, il pouvait fort bien s’éloigner; ce 11’était point le temps de faire grande musique, et la compagnie des instrumentistes et des chanteurs avait diminué, quelques-uns étant devenus incapables de servir, à cause de leur âge ou de leurs infirmités, ou s’étant retirés; aussi ne devait-on plus compter préparer une musique solennelle, ou exécuter des œuvres à plusieurs chœurs; de plus, il était nécessaire que le « collège des musiciens » fût réformé. L'absence du maître ne nuira pas à la restauration de la chapelle, au contraire. Pour lui, il avait besoin

1. Hammerich, ouvr. cité. pp. 106 et 194. Dans une lettre à Phil. Hainhôfler (23 avril i63a), Schütz cite Lebzelter, au sujet d une liste de Musiche da Napoli. Par la meme lettre, nous savons que Fr. Castelli, le violoniste, était mort plus d’un an auparavant, et que Caspar Kittel, qui était revenu d’Italie avec Schütz et Castelli, était alors fort malade (La Mara, Musikerbriefe, I, 70-71).

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