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Ephemerides, p

LA VIE

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Janus, « pareil à une église », que supportait un autre char, ils étaient dix ou douze, et leur concert avait une incomparable suavité ; six trompettes de l’Electeur de Saxe, vêtus de blanc, étaient montés sur des chevaux blancs ; un peu après, paraissaient six autres musiciens en blanc, dont les chevaux étaient blancs aussi ; sur la tour que soutenait un grand éléphant habilement figuré, quatre musiciens en habit turc jouaient du hautbois ; près du trône de Vénus, sept beaux enfants au costume blanc chantaient une ode en quatre strophes, dont ils distribuaient le texte à la foule ; il y avait encore cinq hautbois à pied, et, devant la troupe des mineurs saxons, qui étaient venus avec leur princesse, marchaient des trompettes de Saxe, déguisés en mineurs; dix compagnons mineurs chantaient, à quatre voix, les Berglieder de leur répertoire ; deuxpetits garçons menaient par la bride les chevaux d’un joueur de luth, et d’un joueur de viole, et ils chantaient délicieusement, leur voix se mêlant à l’harmonie des cordes ; un chœur de mineurs célébrait la force de l’amour (onze strophes de six vers) ; du char des neuf muses, s’élevait une charmante musique d’instruments à cordes. On vit encore quatre musiciens, dont les « longues robes de soie » étaient façonnées à la grecque,, quatre autres, à pied, dont chacun avait une coif-

fure bizarre (un fort, un bateau, un moulin à vent, un dragon), trois encore, en chasseurs, avec des chiens, cinq, enfin, couronnés de branches d’olivier, sans compter un vilain joueur de cornemuse, travesti en bouc1.

Pour les autres cérémonies, les cinquante musiciens, les vingt-quatre trompettes et les deux timbaliers avaient reçu de beaux ajustements, des manteaux rouges doublés de taffetas jaune, avec cinq rangs de galons d’or et d'argent, et la princesse avait donné à chacun d'eux un bracelet de fils d'argent et de petites perles qu’il devait garder au bras droit2. Schiitz, enfin, avait endossé la même livrée magnifique que les valets de chambre, l’apothicaire et le barbier du roi3.

Pendant les fêtes, il y eut encore beaucoup de concerts que les chroniqueurs officiels n’ont pas signalés. Le poète Johann Rist rappelait, longtemps après les noces, qu’alors, devant lui, le Français Faucart avait concouru avec le fameux violoniste Joh. Schop , de Hambourg, et que Schop Pavait emporté4. Le 11 octobre, Ogier avait

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