‹ SchützChapitre 59 sur 146 · avril i634 (Schafer, p · texte numérisé non relu

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1 636, il publie la première partie de ses petits concerts spirituels1 dédiés à Heinrich von Friesen auf Rotha. H. von Friesen, administrateur des impôts et président du tribunal d’appel, était renommé pour son dévouement à l’empereur, son amour des livres et son goût pour les collections de choses rares. Le livre que Schütz lui offrait n’était pas de belle apparence ; l’imprimeur, Ritzsche de Leipzig, l’avait tiré, sans beaucoup de soin, sur de mauvais papier. Cela meme est un signe de la misère générale dont la Saxe souffrait. Schütz tenta de nouveau de luir ce pays dévasté, où la musique se mourait. 11 prévoyait que le talent dont il avait été doué par le créateur tomberait à rien, s'il restait en ce lieu, où « il n’était utile ni à Dieu, ni aux hommes, ni à soi-même ». Aussi, priait-il instamment l’Électeur de le laisser partir de nouveau pour le Danemark : il y avait déposé le meilleur de sa musique, et il devait y recevoir la gratification que le prince royal lui avait accordée. Quand il aurait repris ce qui lui appartenait, il reviendrait, à moins que, « pendant ces troubles de guerre », il ne lui fut permis de séjourner à Copenhague. Il garderait, toutefois, l’office et le titre de maître de chapelle de l’Élec-

i. 6° vol. des œuvres complètes

LA VIE

leur, aussi bien dans sa vie privée, qu’en publiant ses œuvres musicales. Pour assurer Jean- Georges de son retour à Dresde, il y maintiendrait ses enfants et sa maison. 11 pourrait d’ailleurs venir à Dresde assez souvent, puisque le voyage, mit Gott und Glixcke , ne durait que quatorze jours.

Ce Memorial est du ier février 1637'. Schütz attendit jusqu’au mois d’aout que l’Électeur le dispensât de le servir. En congédiant son maître de chapelle, Jean-Georges évitait de lui payer des gages, pendant le temps de son absence, et la moindre épargne avait de l’importance, en ces années où les quatre fils de l’Electeur manquaient d’argent pour vivre « selon leur état »1 2. A vrai dire, il n’y gagna qu’en apparence, car, en abandonnant son traitement, le musicien avait obtenu que l’on accordât une pension annuelle de 200 thalers à son élève Matthias Weckmann qui étudierait pendant trois ans avec Jacob Praetorius, l’organiste de l’église Saint-Pierre de Hambourg. Schütz voulait le conduire lui-même au maître qu’il lui avait choisi. Weckmann eut, le 3i juillet 1637, un passeport pour Hambourg3 : par là, nous con-

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