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A. Werner, ouvr. cité, p. i

LA VIE

jolie voix. En .5g8, Maurice, landgrave de Hesse-Cassel, passant par Weissenfels, prit quartier dans l’iiôtellerie des Schütz1 2 : le jeune garçon chanta devant le prince, qui fut charmé de l’entendre. Maurice était un juge excellent. Bon chanteur lui-même ", habile à jouer des instruments, et compositeur, il était, parmi les princes allemands, l’arbitre des musiciens. Le duc Heinrich Julius de Brunswick l’av'ait prié, en id94, d’examiner un luthiste, et de le comparer avec un autre3. La même année, il prit à son service le luthiste Benedicto Ruminetto. Un an plus tôt, il avait lait acheter, à Cologne, un luth d ivoire, à Francfort, des compositions italiennes nouvelles. Il était en correspondance avec les Fugger, d’Augsbourg, et les Turisani de Nuremberg, pour qu’on lui envoyât des musiciens étrangers, et des instruments neufs d’Italie. Paris Bergamino qui lui avait procuré un enfant dont la voix était bien formée, reçut le portrait du prince en témoignage de reconnaissance. Quand le roi

1. Leichensermon, p. 172. Voy., dans l’ouvrage de M Weruer, une photographie de cette hôtellerie qui subsiste encore.

2. Il avait la voix fort étendue: voyez l’éloge de son chant par J Combach, cité dans la 'Neuere Ceschichte von Hessen , de Ch. von Romtnel, 2» vol. Cassel, i837, p. 404.

3. Rommel ouvr. cité, p. 4o3. Il s’agit de J. Dowland et C. Howett. Voyez l’ouvr. de M. E. Zulauf, Reitrüge zur Ceschichte der Land gràflich-IIessischen Ilofkapelle zu Cassel bis au f die Zeit Moritz des Gelehrten , 1902, p. 48.

de Danemark était venu le visiter, il avait appelé des artistes réputés : ainsi, Friedrich Lange de Nuremberg avait été invité1. John Dowland, le compositeur anglais, et Alessandro Orologio s’étaient rencontrés à sa cour : d’Orologio, il reçut la dédicace d'un livre de madrigaux (1095), et il écrivit une pavane inhonoremJ. Dowlandi , Anglo rum, Orphei 2. En 1 596, ïlans Léo Hassler lui fit hommage de ses Madrigali à 5, 6, 7 et 8 voix3. L’année suivante, J. -B. Bezard, passant par la Hesse, offrit d'y séjourner, pour enseigner l’artdu luth (1697) 4. l^ans les comptes de ses dépenses personnelles pour 1597-1098, parait sa libéralité pour tout ce qui tient à la musique : aumônes aux musiciens pauvres, présents aux écoliers qui se font entendre devant sa porte, gratifications à des chanteurs, à des luthistes, frais de port pour la grosse Geige , dons à Thomas Hundskopf, pour la Gemma musicdlis % et à un cantor qui a dédié des canliones « à sa Grâce ». Et toutes ces largesses ne sont que peu de chose en comparaison de ce que lui coûtent les musiciens de sa chapelle, l’entretien et la construc-

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