Il en connaît aussi la tendre langueur
L’ŒUVRE
qu’il termine en déclarant qu'il a résolu « di sboccar nel suo Mare vu giorno ... non corne priuato fiume, m 'a corne Oceano di deuotione 1 ». Schütz est allé, dans son étude, jusqu'au fond : il ne connaît pas seulement l’art des Italiens, mais l’esprit de leur art. Sa musique est ingénieuse, elle a ses concetti comme le langage trop ingénieux dont il connaît si bien les finesses. Mais, ici, la recherche de la grâce ne va jamais jusqu’à l’alfectation, ni la recherche de l'originalité jusqu’à la bizarrerie. Ce n’est que par les excès de leur imagination que les compositeurs servent vraiment leur art, le font avancer, et le renouvellent.
Le jeu prolongé de la métaphore est ridicule, dans la préface de Schütz, mais toute son œuvre profitera de ce qu’il a gagné en apprenant, par de tels amusements, à découvrir des rapprochements, à trouver des comparaisons, à préparer des interprétations. En vérité, il doit beaucoup aux écrivains d’Italie, aussi bien qu’aux musiciens 2.
1. Dans cette dédicace, Schütz n’oublie pas de témoigner sa reconnaissance au très fameux Gabrieli, qui l’a fatto participe delioro delle suc sponde , si riches qu’elles n’ont rien à envier « au Tage ui au Pactole ».
2. La volubilité, la gaieté de certains motifs [Ride la prima vera)f la persistance du rythme (. Feritevi ) sont des qualités propres aux Italiens. Pour compléter cette étude, je renvoie à l’article de M. Leichtentritt sur les madrigaux de Mouteverdi
Un Ilodie Christus natus est', pour six voix, avec basse continue, date peut-être des années d’études, comme les Madrigali. Cette composition est divisée en plusieurs parties par un Alléluia ^ ^ qui se répète comme un refrain. Les musiciens de Venise ordonnent volontiers leurs motets de cette manière et, par d'autres particularités du style, on reconnaît que Schiitz suit encore de très près son maître Gabrieli2. Comme dans ses madrigaux, il aime à faire dialoguer les voix graves avec le chœur des voix élevées : là aussi, le contraste en est fort expressif, quand les deux groupes semblent se redire, l’un à Fautre, comme un souhait, le mot pax [pax liominibus , etc.).
Dans un Ve ni, scinde Spiritus à quatre chœurs, qui paraît aussi fort ancien, et fut sans doute écrit à Cassel, entre 1 6 1 3 et i6i5, l’orchestre
[Sammelbandc der I. M. G XI, 255], aux madrigaux de Monteverdi publiés dans la collection Peters, et à l’étude que M. Schwarz a consacrée à II. Léo Ilassler unier dem Einfluss der italiànischen Madrigalisten ( Vierteljahrsschrift fur Mu sikwissenschafty 1893, p. 1).