PROGRÈS
Ne me dis pas qu'il n'y a pas de vie, d'ÈTRE, là où tu ne vois pas deux bras, deux jambes, une tête ; tu ne sais pas ce que c'est que la vie. Ne fais pas un argument de nombre et d'étendue contre ce qui est au-dessus du temps et de Yespace, puisque le temps et Vespace ne comprendront jamais la vie, puisque notre amour a soif d'ihxR- NiTi, d'iMMENSiTi, en un mot d' IMMORTALITÉ.
fais plus qu'un, et tu appelles cela donner la vie à Tun et à Tautre. Moi, de deux êtres distincts j'en fais bien un aussi, mais c'est à condition qu'alors il y en aura trois. Ainsi du père et de la mère je fais naître l'enfant ; mais j'ai alors le père, la mère et l'enfant ; je distingue par Y esprit y par \a, pensée (car c'est là un des attributs de mon être), ce qui, dans l'enfant, vient du père ou de la mère; et si cette analyse n'est pas poussée par moi, être imparfait^ jusqu'à la perfection, si je ne peux pas dire, moi, être fini ; voici le père, voici la mère, au moins puis-je m'écrier que le père et la mère sont là ; et l'enfant me remercie de ma foi, car il tressaille quand en posant les mains sur sa tête je lui dis : Celle qui t'aimait d'un amour de mère, celui que tu aimais d'un amour de fils, ces deux .sources de ton être, unies en toi^ sont là; les morts fCont pas d! autre tombe que le vivant.
Ces trois êtres qui coexistent distincts seront toujours distincts pour l'homme, car nous ne marchons pas plus vers Videntité que vers la différencie; et ces deux faces du PROGRÈS, qui paraissent, au premier abord, contradictoires (comme la nécessité et la liberté) ^ ne sont que la double expression de notre qualité d'êtres /înw, imparfaits^ mais PROGRESSIFS. Cette expression est double, c'est-à-dire correspondante au point de vue de Yunité et à celui de la multiplicité^ parce que Vune et Vautre^ envisagées avec un égal amour, nous font sentir notre PROGRÈS vers I'infini, vers la perfection, vers DIEU, qui n'a pas plus à' identique que de différent^ vers DIEU qui ne diffère de rien^ puisqu'il est tout, et qui n'est semblable qu'à Ltii-MÉMË.
nie pas plus Vextase que" Vélectricité; mais, moi, je te regarde éveillé, et si mon œil triste rencontre le (t'en, je le vois se mouiller; si j'exprime un désir, tu te lèves, tu cours, tu te précipites; ce que j'aime, je te le vois aimeh ; ce que je sais^ tu V apprends et le professes; si je travaille^ tu viens m'aider de toutes tes forces. Je dispose de ton CGEUR, de ton intelligence et de tes brasj j'en dispose, mais ce n'est pas à ton insu; tu ne dors pas, tu veilles^ et nous en som:nes Fun et Vautre doublement heureux. Je dis plus, nous ne le serions ni Fun ni Vautre sans nos deux consciences distinctes^ réagissant l'une sur l'autre, non comme maître et esclave, non comme agent et patient, mais comme puissances d'autorité et d'obéis^ sance par amocr réciproque. Chaque phénomène magnétique que je produis ainsi sur toi me délasse, tandis qu'ALFRED (Filassier) sue à grosses gouttes pour faire dire à un somnambule l'heure qu'il est. Je parle à un converti sur cette matière : aussi mon but n'est-il pas de te faire sentir combien mon magnétisme normal l'emporte sur celui des extatiques ; je veux simplement t'expliquer pourquoi j'ai dit que je voulais tenir compte des rêves des magnétiseurs.
Dans les époques critiques, les hommes qui cherchent le UEN des êtres peuvent bien rendre un culte à l'^tectricité /diU, magnétisme, à V attraction moléculaire, aux affinités chimiques, etc. . . , rien de mieux ; cela prouve que si I'amour n'est plus entre les hommes, ils éprouvent une surexcitation d'amour à l'égard de ce qui nest pas Vhomme : ainsi les vieilles femmes aiment beaucoup les chiens et les chats, lorsqu'elles n'aiment plus personne, et
croie, dans son exaltation purement individuelle^ Tavoir réalisée. Or, dire qu'il le croit, c'est dire qu'il le vbot, qu'il Taibie, car il aime ce qui est une condition de son ÊTRE ; il faut donc lui donner une satisfaction sur ces deux points, pourvu que l'un ne soit pas satisfait aux dépens de l'autre, et que tous deux ne soient jamais pour lui que l'une ou l'autre des expressions imparfaites de son amour, de sa vie; il faut que sa foi religieuse dans la vie lui promette une vie en lui et une vie hors de lui, comme conditions indispensables de sa vie en DIEU. Mais rappelons sans cesse à celui qui préfère la première à la seconde, qu'il faut aimer celle-ci pour sentir plus vivement encore celle qui a un attrait particulier pour lui ; faisons-lui sentir, par les joies de l'une et par celles de l'autre, le progrès normal de son être. Ainsi il aura une vie propre, toujours de plus en plus grande, une vie qui ne se confondra jamais avec tme autre ; il aura également une vie participant à la vie de tous, de manière à ce qu'il puisse alternativement se reposer (passivité) dans l'une du mouvement {activité) de l'autre; réfléchir (posteriori) dans l'une la contemplation (priori) de l'autre. L'une sera sa vie individuelle (petit monde), l'autre sera sa vie collective (grand monde); l'une lui révélera ses intérêts (égoïsmé), l'autre lui rappellera ses devoirs (abnégation) ; toutes deux unies constitueront ce que nous appelons la vie d'un homme, car la vie d'un homme consiste toujours dans I'union de deux manifestations diverses, mais harmoniques, de la