SCIENCES PHYSIQUES
PHYSIQUE PÂRTICnUiRE
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Science de Tanalyso des propriétés et des relations des corps.
COIPI MOTS
cous OKSimSÉS.
Chimie Chimie Physiolo- Psycholo.
des des gie. gie.
solides, fluides.
PHYSIQUE GfHÉRilE
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Science de la généralisation des propriétés et des relations des corps.
COIN isnoionQds. coin teuistiis.
Solides. Fluides. Solides. Fluides.
Il faut connaître l'ensemble d'une chose pour raisonner pertinemment sur une des parties qui la composent. J'ai donc dû présenter la division la plus générale des sciences physiques, avant de procéder à Texa-
Si ensuite on observe Taôtion des fluides dans les corps bruts, on voit qu'ils s'insinuent entre les mole* cules constituantes de ces corps, qu'ils passent dans ces corps comme à travers un crible. Si l'on échauffe ces corps jusqu'à un degré convenable, on augmente leur volume, parce qu'on interpose une plus grande quantité de fluide entre leurs parties élémentaires ; en augmentant encore la quantité de calorique introduite dans leur capacité, on les détruit, c'est-à-dire on désunit les molécules ou polyèdres solides qui les constituent.
Ce peu de mots me parait suffisant pour donner ou plutôt pour rappeler aux savants l'idée que l'on doit avoir de la structure intime des corps bruts. Passons maintenant à l'examen des corps organisés.
Quand on a étudié d'une manière approfondie la structure intime des corps organisés, on reste convaincu :
1* Que les éléments de la partie la plus fixe de leur organisation sont de petits solides perforés, adhérents les uns aux autres, et disposés de manière que leur réunion forme des tubes ; canaux , conduits ou vaisseaux , n'importe le nom qu'on leur donne, placés dans une multitude de directions différentes et s'entre-croisant les uns les autres ; que ces canaux varient entre eux sous le rapport de la dimension , en longueur et en diamètre , ainsi que sous celui du degré de solidité et de perméabilité de leurs parois ;
2° Que des fluides de différents degrés de ténuité moléculaire circulent continuellement dans ces canaux, et que c'est la circulation de ces fluides qui, crée et entretient le phénomène de la vie ; de manière que le
four, il périra, quelque soin qu'on ait mis d'ailleurs pour rendre les circonstances les plus favorables possibles à sa végétation, parce que ses racines ne trouveront plus d'humidité à absorber, et que l'action des liquides circulants dans la capacité des corps organisés est indispensable pour le développement et l'entretien du phénomène de la vie.
Que Ton observe la végétation d'un oignon placé dans une carafe ; il sera très-facile de constater que ses racines absorbent une grande quantité du liquide dans lequel elles sont plongées.
La fonction des feuilles est celle de pomper les fluides gazeux, de même que cofle.^es racines consiste à absorber les fluides à l'état de liquidité. Qu'on place un végétal feuille sous le récipient d'une machine pneumatique, et qu'on fasse le vide, les feuilles s'affaisseront, se flétriront avant toutes les autres parties de ce corps ; et si l'on maintient le vide pendant un certain temps, le végétal, quelque moyen qu'on emploie ensuite, ne pourra plus être rappelé à la vie.
Ces expériences sont directement applicables aux graines ; si on les pousse au four, passé un certain degré de chaleur, toute l'humidité qu'elles contenaient étant soutirée , leur principe de vie se trouve détruit , elles ne sont plus susceptibles de germer. L'expérience de l'extraction complète des fluides gazeux qu'elles renferment, faite avec le soin nécessaire, sous une excellente machine pneumatique, donnerait les mêmes résultats.
En poursuivant cette série d'expériences, on constatera plusieurs faits secondaires fort intéressants. On re-
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Aa premier aspect, les cbeveox ainsi <pie les antres poils présentent la même apparence qoe des brins de fil plos on moins longs, plos on moins déliés. On cnMrait qu*ils sont pleins ; mais en les regardant avec on microscope, on reconnaît fadiement qu'ils sont tobuleux. Si Ton coupe, au foyer de cet instrument^ un cheveu vivant, on voit les liquides qu'il renferme se répandre. Enfin, dans certaines maladies, on aperçoit, à la vue simple, le sang pénétrer et circuler dans la capacité des cheveux sans perdre sa couleur.
Au premier coup d*œil, les os paraissent appartenir au règne minéral ; on se figurerait que, de même que les pierres, ils sont composés de petits solides pleins et juxtaposés les uns aux autres. Mais un examen plus approfondi dissipe cette erreur. Les observations pathologiques contribuent beaucoup à nous faire bien connaître Torganisation des corps vivants. Dans certaines maladies les os se ramollissent ; les vaisseaux dont ils sont composés se distendent» et le sang, ainsi que les autres liquides
petitesse telle qu'ils échappent à notre vue. La preuve que la présence des fluides dans les tubes dont notre cerveau se compose est nécessaire à l'entretien du phénomène de notre vie est que, si on lie les artères qui portent le sang au cerveau, la mort suit de près cette ligature.
La double ligature, d'une part, des artères portant le sang au cerveau, d'autre part, des veines évacuant le sang contenu dans cet organe, détermine également et encore plus promptement la mort. Ainsi la présence et la circulation des fluides, dans les tubes dont notre individu est composé, sont nécessaires à l'entretien de notre vie tant cérébrale que générale, comme nous avons commencé à le voir et comme nous allons continuer à le démontrer.
Le cerveau est bien, de toutes les parties de notre corps, celle dans laquelle la transfusion du sang des artères dans les veines est la plus abondante; mais ce n'est pas le seul point où ce phénomène ait lieu ; il est général pour tout notre individu. Il n'y a pas une portion de notre être dans laquelle il n'existe des épanouissements artériels et des sources veineuses; il n'y a pas une seule partie de nous à laquelle la ligature des artères qui s'y ramifient et des veines qui en sortent ne cause la gangrène, c'est-à-dire un commencement de mort. Cette mort deviendrait complète pour la partie, elle se communiquerait aux autres parties, et finirait par être générale pour l'individu, si la nature ou l'art ne faisait pas amputation du membre qu'on a privé de circulation. Ce fait, très-facile à constater par des expériences sur des
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animaux vivants , serait prouvé par les seules observations de ce qui se passe chez ceux auxquels on est obligé de faire l'opération de Tanévrisme ; ils en meurent presque toujours , et quand ils en guérissent, c'est que les ramifications artérielles secondaires se distendent suffisamment pour compenser la circulation qui se faisait par le tronc qu'on a lié.
Une bonne analyse de la circulation du sang suffirait pour prouver que nos parties élémentaires les plus fixes sont tubuleuses, qu'elles renferment des fluides, et que ces fluides y sont en circulation ; et que ces deux conditions, la présence et la circulation des fluides, sont nécessaires pour l'entretien du phénomène dç la vie, qui n'a pu commencer qu'à l'époque où l'existence de ces conditions s'est manifestée ; car il n'existe pas une partie de notre être qui ne soit vivifiée par la circulation du sang. Riais cette manière de procéder serait trop abstraite. Continuons donc à envisager les différentes parties de notre individu de différents points de vue.
Dans les viscères, tels que le foie, la rate, le cœur et les poumons, l'organisation fondamentale, commune à toutes les parties des corps vivants, se reconnaît à la première inspection. Les vaisseaux qui en constituent les parties solides élémentaires s'aperçoivent à la vue simple, et on découvre avec la même facilité les liquides que ces vaisseaux renferment, ainsi que les mouvements circulatoires de ces liquides.
Les tubes élémentaires et les fluides circulants dans ces tubes, s'aperçoivent aussi facilement dans les reins et dans les parties génitales.
Qu'on fasse une ligature à chacun des nerfs aboutissant à une partie quelconque de notre individu, et la sensibilité s'éteindra subitement dans cette partie. La ligature interrompt donc une circulation nécessaire à Tentretien de la sensibilité. Des expériences plus délicates prouvent qu'il existe, dans la capacité des tubes nerveux, des fluides du nombre de ceux que nous considérons comme composés des molécules les plus petites, et qu'on appelle impondérables. Que, dans une profonde obscurité, on se frotte le globe de Tœil en le comprimant, on aura la sensation de la lumière ; ce qui prouve qu'il se trouve du fluide lumineux engagé dans le nerf optique, et que la pression fait sortir ce fluide. Qu'on introduise le doigt dans l'oreille ; qu'on l'appuie en le tournant, on aura la sensation du bruit. Il existe donc dans la capacité du nerf auditif un fluide qui, par sa vibration, donne, en sortant comme en rentrant , la sensation du son. Qu'on mange une chose ou qu'on la flaire, on aura la même sensation par l'expiration que par l'inspiration, par la déjection que par la déglutition.
Examinons le système nerveux d'un point de vue général : cela éclaircira ce que nous venons de dire, qui pourrait ne pas paraître exact sans cet éclaircissement
Le système nerveux est celui de la sensibilité, puisque toute partie, quand on coupe les nerfs qui y aboutissent, devient insensible. Il circule un fluide dans les nerfs, puisque la ligature des nerfs, de même que leur section, prive de la sensibilité la partie isolée du tronc. Les nerfs se ramifient dans toutes les parties de notre individu, puisque toutes les parties de notre individu jouissent de
2* Qu*on donne à manger à un animal quelconque, un minéral quelconque, Tanimal ne digérera point cet aliment; il faudrait, pour que Tassimilation pût avoir lieu, que ses forces digestives fussent suffisantes pour déterniiner la perforation des polyèdres constituants du minéral, et pour anéantir l'angulosité de leurs faces; car il ne peut y avoir que des molécules tubuleuses et arrondies, capables de remplacer des éléments de cette nature, et il est reconnu que les molécules constituantes des parties les plus fixes de notre organisation sont remplacées au bout de sept ans. Ce que je viens de dire n'est point applicable aux fluides; leur ténuité moléculaire les rend susceptibles de tous les genres d'assimilation. En un mot, un animal quelconque, un végétal même, ne peuvent s'assimiler que les molécules solides qui sont entrées dans la composition d'autres corps organisés ;
3* Qu'on chauffe un corps brut se trouvant à une température très-basse, on n'obser^'era d'autre effet produit que celui d'un accroissement de volume de ce corps; qu'on chauffe avec les précautions convenables un cgrps organisé, asphyxié par un froid humide (un moineau, par exemple, le cas n'est pas rare), on verra la vie, qui était en quelque façon suspendue chez cet être, reprendre toute son activité, ce qui se manifeste d'abord par le rétablissement de la circulation des fluides. Disons à cette occasion que l'action des fluides dans les corps organisés est le principe et même le régulateur de la vie ; car la fièvre est le symptôme le plus général des dérangements de santé ;
comparée ; le plus marquant de tous a fait placer le singe immédiatement après T homme. Cest à cause de sa ressemblance avec Tbomme que Tbomme lui a accordé la seconde place ; la vérité est qu'il ne la mérite pas. Plusieurs animaux sont mieux organisés que lui et plus intelligents par conséquent. Ils doivent donc être classés comme intermédiaires entre le singe et rhonmie. Le castor et le rat musqué ont tous les deux le muscle abducteur du pouce, ce qui leur constitue le sens du toucber qui manque complètement au singe, dont les facultés en ce genre se réduisent à la ample prébension. L'éléphant a une ébauche du sens du toucher, placée à l'extrémité de sa trompe. Les travaux très-connus du castor, ceux moins généralement connus, mais cependant bien constatés du rat musqué, l'étendue des combinaisons de l'éléphant, classent ces animaux comme bien supérieurs en intelligence au singe.
D'après ce que nous venons de dire, il est facile *de s'élever aux idées générales suivantes :
i"" Les deux états les plus opposés dans lesquels la matière puisse se trouver, sont, d'une part, l'état de solidité ; de l'autre, celui de fluidité ;
2' Les faits les plus extraordinaires qui puissent exister sont ceux qui résultent de l'action de la matière en état de solidité, et de celle de la matière en état de fluidité, dans l'opposition la plus complète ;
3^ Un phénomène est d'autant plus important (proportion gardée de sa dimension), que l'opposition entre la matière à l'état de solidité et de fluidité est plus multipliée et mieux réglée dans toutes ses parties ;
4* Les corps organisés sont de tous les phénomènes ceux dans lesquels l'opposition entre la matière en état de solidité et de fluidité est la plus complète et la mieux réglée.
De ce point de vue, nous découvrirons maintenant avec beaucoup de facilité la grande cause, la vraie cause de la lenteur des progrès de la physiologie.
Les solides nous font éprouver des sensations plus claires, plus distinctes, plus faciles à percevoir, à apprécier, à comparer, à combiner et à calculer, que les fluides. Ainsi, l'esprit humain a dû s'occuper des premiers, avant de fixer son attention sur les autres. En effet, les Égyptiens, déjà assez avancés en astronomie, n'avaient qu'une connaissance très- vague de l'existence des fluides. Les Arabes sont les premiers qui en aient fait un objet d'études, et ils n'ont obtenu aucun résultat important. Ce n'est que dans Iç xviir siècle que cette branche de noa connaissances a pris son essor, et, de nos jours seulement, l'atmosphère a été décomposée. On a fait des expériences sur les propriétés et les poids respectifs des gaz qui la constituent. De nos jours seulement, la légèreté du gaz hydrogène a été utilisée pour s'élever dans l'atmosphère; de nos jours seulement, on a su rendre la vapeur des liquides en ébullition une force disponible. Enfin, c'est tout récemment que Galvani nous a donné les moyens de démontrer que les fluides impondérables étaient les grands agents des phénomènes de la vie.
Les fluides impondérables étant les causes de la vie, la physiologie n'a pu faire que des progrès très->
lents, jusqu'à Tépoque où la physique générale a constaté Texistence de la matière dans cet éminent état de fluidité. Ainsi, on ne doit point conclure de la lenteur des progrès de la physiologie, jusqu'à ce jour, que le perfectionnement de cette science ne s'accélérera pas.
Il nous reste encore un grand pourquoi à donner ; il nous reste une vaste lacune à remplir, un préjugé important à détruire. Nous avons établi la différence de structure des corps bruts et des corps organisés ; nous avons fait voir ensuite que, plus un corps était organisé et plus il exerçait d'action sur ce qui lui était extérieur. Nous avons énoncé la loi qui fait concorder d'une manière qui paraîtra de plus en plus satisfaisante la série des causes avec celle des effets, depuis les fungus jusqu'à l'homme ; mais nous n'avons point donné le pourquoi de l'immense supériorité de l'homme à l'égard de tous les autres animaux, même de celui qui est le plus élevé après lui sur l'échelle d'organisation; c'est T objet que nous nous proposons d'exposer actuellement.
L'opinion que j'émettrai à cet égard sera fondée sur les six observations suivantes, outre celles que j'ai déjà présentées.
PREMIÈRE OBSERVATION
Que Ton compare un enfant nouveau-né avec les petits nouveau-nés d'autres manmiifères , et l'on ne remarquera pas dans le premier une supériorité décidée d'intelligence sur les autres. En voyant la quantité de fois que les personnes qui l'entourent lui répètent les
mots : papa, maman, avant qu'il ait appris à les bien prononcer et à saisir les idées qu'il doit y attacher, on acquiert la certitude que le langage n'est pas un résultat direct de l'organisation de l'homme.
DEUXIÈME OBSERVATION
Qu'on lise Hérodote, Thucydide, le profond Tacite, le grand Hume, notre contemporain ; qu'on fouille dans les vieilles chroniques ; qu'on analyse les anciennes traditions, on verra que les peuples qui se sont élevés au plus haut degré de civilisation ont commencé par être anthropophages; on verra que ceux chez lesquels le luxe s'est élevé jusqu'au point de satisfaire avec le plus de recherche à tous les besoins de la vie, ont commencé par se mettre à l'abri des injures du temps dans des cavernes, et par manger crus et sans aucun apprêt les animaux et les végétaux qu'ils consacraient à leur nourriture; que ceux qui se isont distingués par les travaux d'intelligence les plus solides et les plus brillants, n'avaient à l'origine, sous les rapports de mémoire et de prévoyance, que des moyens fort peu supérieurs à l'animal le plus élevé après l'homme sur l'échelle d'organisation.
THOISIÈME OBSEEVATION.
Depuis cinquante ans, l'esprit humain a pris un grand essor ; il a secoué ses vieilles habitudes ; il a fait les plus généreux efforts pour s'affranchir des préjugés
maqanè^ 2 étûi «om^; £ §*e9l aperça (|ifà b
cr^/>\yûcm €[£ a «erri de base à TGrac^akûa soctiie actiKl^:^ pîasiears idées Càaaes s'étaKstt trocrr^es mêlées^ am;klg?uf>é««. el S a pas b fsrae rés>lalîûB de (aire le départ de rerrsor et de U Térité. Les fiûls coa^itoant U croyarjce qoi. depob dix^mit cents aa?, se traosmettait de <x«!ifiaiice. de géoéralkn eo géoeraiioD, ont été passés ao creosel le plus fiérère. Ne perdori.9 pas de tm qa au nombre de ces faits, les deux suivant? jooaient ao rôle très-împortaitf. L*im, <pK les (H^miers hommes avaient ea des agnesde ooarentîon sa moyen d^ueis ils avaient pa fixer leurs sensations, ks comparer et les combiner de même qœ nous. Uaotre , qu'ils s'étaient élevés à lldée éminemment abstraite Dteti, ou, si on le préfère, qu ils avaient conça la démonstration de l'existence de Dieu.
L'entbousiâsnae pour la recherche de la vérité est devenu, à cette époque, vraiment national chez les Aidais et les Français. Ces peuples ont fait Tun et Fautre des expéditions maritimes di^iendieuses, ayant en grande partie pour objet l'apurement des principes servant de base à l'organisation sociale. Je veux parler des voyages de découvertes confiés à la direction de l'ingénieux Bougainville, du sage et intrépide Cook, et du malheureux La Peyrouse'. Ces illustres navigateurs ont visité avec l'esprit le plus philosophique, une grande quantité de peuplades diverses qui, jusqu'alors, nous avaient été totalement inconnues. Grâce à leurs recherches, à leurs observations et à leurs ingénieuses expériences, tous les états intermédiaires entre les hommes les plus ignorants.
les plus bruts (tels qu'ont dû être nos premiers pères) et les peuples qui sont parvenus au plus haut degré de civilisation, nous sont parfaitement connus. Ces renseignements sont bien précieux, car nous pouvons maintenant baser sur des faits observés ce que, sans cela, nous n'aurions pu fonder que sur des conjectures et des raisonnements. Nous pouvons maintenant monter par une série non interrompue de faits observés, depuis les premiers hommes, qui ont nécessairement été les plus ignorants de tous, jusqu'aux Européens actuels qui, sous le rapport de la civilisation ainsi que sous celui des sciences, ont infiniment dépassé les peuples qui les ont précédés. Cook nous parle de peuplades ne reconnaissant point de chefs, n'ayant aucune idée religieuse, point de vêtements, aucune autre habitation que des cavernes ou des trous faits dans la terre, mangeant crus les aliments dont elles se nourrissent, étant anthropophages sans avoir besoin d'être excités par la vengeance, le goût de prédilection pour la chair humaine stimulant suffisamment leur cannibale appétit. Il nous parle d'autres peuplades un peu plus élevées sur l'échelle de la civilisation. Elles reconnaissent des chefs, elles ont quelques idées religieuses (constatées par des idoles révérées) , elles font cuire leurs aliments, elles se couvrent de peaux de bêtes, elles ont des habitations construites et une langue si peu étendue que la numération ne s'élève pas au delà de trois. L'anthropophagie y est considérablement diminuée; elle y est presque réduite au cas résultant d'homicides commis par effet de vengeance individuelle ou nationale. Enfin, il nous parle des peuples d'Otalti, des lies Sandwich et
de celles des Amis, qui ont un clergé établi, une hiérarchie politique, une langue complète, et chez lesquels les sacrifices humains sont presque les seuls restes de l'anthropophagie; elle y est presque entièrement détruite sous le rapport de la manducation de la chair humaine, quoique le trop philanthrope Cook ait été en partie mangé par les insulaires de Sandwich.
Ce qui m*a surtout frappé dans les naïfs récits de Cook, c'est : 1* qu'il lui a été impossible de faire comprendre aux deux premières classes de peuplades l'idée d'une cause unique, ou, si l'on préfère, l'opinion de l'existence d'un Dieu tout-puissant; qu'il lui a été par conséquent impossible de leur faire voir que l'homme était d'une autre nature que les autres animaux, chose qu'il a fait facilement concevoir aux habitants d'Otaïti, des îles Sandwich et de celles des Amis ; 2« que l'anatomie n'aurait éprouvé aucun obstacle pour se livrer à la dissection du corps humain chez les deux premières classes de peuplades, et qu'elle aurait été impraticable chez la troisième.