‹ Science de l'homme (volume 2)Chapitre 61 sur 67 · TROISIÈME SECTION · texte numérisé non relu

TROISIÈME SECTION

Nous descendrons deux fois les siècles qui se sont écoulés depuis Socrate jusqu'à ce johr ; la première fois nous ferons quatre poses, la seconde nous n'en ferons que deux.

Dans la première, nous présenterons la doctrine de Socrate; d'abord, pendant les cinq à six siècles qui ont suivi la mort de son auteur, et nous prouverons que, pendant ce laps de temps, elle n'a eu que le caractère philosophique ; ensuite, pendant les cinq à six siècles suivants, et nous ferons voir que pendant ce laps de temps, elle s'est revêtue du caractère religieux; après encore, pendant cinq à six autres siècles, et nous montrerons que pendant cette période elle a cumulé les caractères philosophique, religieux et politique. Enfin nous mettrons en évidence le fait important que, dans les derniers siècles, elle s'est successivement dépouillée du caractère philo-

aassi détaillée que celle du passé, et que les bornes étroites de notre intelligence nous forcent à nous renfermer dans une indication trè&-sommaîre des masses.

Nous diviserons ensuite ce second livre en trois sections correspondant à celtes établies dans l'histoire du passé.

PREMIÈRE SECTION

De la planète ^naiid elle ne sera plv« habitable.

C'est par des considérations géologiques que l'on doit commencer l'histoire de l'espèce humaine ; c'est également, et par les mêmes raisons, par des considérations géologiques qu'on doit la terminer.

Notre planète a tendance à la dessiccation. L'Afrique, qui a été la première partie du monde habitée et par conséquent habitable, est aujourd'hui presque entièrement desséchée. En Asie, les sables de l'Arabie font tous les jours des progrés sensibles, ainsi que ceux de la grande Tartane. Ils tendent à se réunir et à recouvrir ensuite toute la couche de terre végétale qui est encore si productible , dans ce second berceau du genre humain. En Europe, l'Espagne, contrée qui était si fertile du temps des Romains, est déjà desséchée. Dans la Germanie, une grande partie des forêts ont disparu, et les eaux y sont beaucoup moins abondantes qu'à l'époque où Tacite nous en a donné la description. De ces observations les géologues ont nécessairement conclu qu'il arrivera une époque à laquelle la planète se trouvera entièrement desséchée. Or il est évident qu'à cette époque elle sera inhabitable, inhabitée , et que par consé-

quent, à dater d'une certaine époque, F Espèce humaine s'éteindra successivement.

La considération de la planète entièrement desséchée et inhabitée tenninera donc l'histoire de l' Espèce humaine.

DEUXIÈME SECTION

En tête de cette deuxième section, nous ferons le tableau des sensations du dernier homme, mourant après avoir bu la dernière goutte d'eau du globe; nous ferons voir que la sensation de la mort sera pour lui bien plus pénible qu'elle ne l'est pour nous, puisque sa mort particulière sera en même temps la mort générale de l'Espèce. Nous remonterons ensuite de l'examen du moral de ce dernier homme à celui des restes de l'Espèce, jusqu'à l'époque à laquelle elle commencera à voir sa destruction s'opérer et où elle aura acquis la conviction qu'elle est inévitable, conviction qui lui ôtera toute énergie morale et qui la rendra semblable aux hommes dont nous avons parlé dans la deuxième section du livre sur le passé de l'Espèce, sous ce rapport important qu'ils n'auront d'autres désirs que ceux qui lem* sont communs avec les autres animaux.

TAOISIÈME SECTION.

Dans cette troisième section, nous présenterons l'intelligence de l'Espèce humaine débarrassée de toutes les idées superstitieuses, de toutes charlataneries scientifiques. Cette section sera partagée en deux chapitres. Dans le premier, nous ferons le tableau de l'Espèce humaine possédant un bon système scientifique, et dans

le second, nous la représenterons travaillant à Torganîsation de ce système. Ce chapitre se terminera au moment où elle commencera à travailler à cette organisation; ce moment constitue la face du présent qui voit ce qui arrive par la route de Tavenir, de même qu'en y arrivant par le passé, la face que montre le présent est celle de la dernière action de la théorie scientifique dont Socrate avait commencé l'organisation.

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