I. § — 1. — Vous dites
« Le cerveau est l'organe des facultés intellectuelles. » L'anatomie, au point de vue des facultés intellec- ■^ tuelles, ^t très-peu avancée. »
« Les facultés de l'homme se divisent en :
» l** Facultés individuelles de conservation et de reproduction, ou facultés animales,-
» 2** Facultés intellectuelles ;
» 3" Facultés sociables ou humaines^ servant à constituer, à perpétuer les sociétés et l'humanité. »
« Le cerveau a, comme on le voit^ UlN pôle humain et UN pôle animal ou individuel. »
Si je jie me trompe, vous avez voulu dire que le cerveau était l'organe non-seulement des facultés inlel" lecluelles, mais des facultés que vous nommez animales; et qu'il est aussi l'organe des facultés sociables.
Vous affirmez ces principes physiologiques, non pas parce que l'anatomie du cerveau, au point de vue des facultés, vous les fournit, mais parce que vous savez, par votre étude générale de l'homme vivant, et vivant en société , que sa vie se manifeste moralement , inlelleciuellement et physiquement ; et alors vous supposez que le cerveau est l'organe en qui se résument les sentiments , les raisonnements et les actes de cet individu sociable et progressif.
Mais comment se fait-i! qu'après avoir signalé trois ordres distincts de facultés : animales, intellectuelles et sociables, vous ajoutiez : le cerveau a, comme on le voit^ DEUX pôles, UN pôle humain et un pôle animal? il devrait évidemment en avoir trois, car votre pôle intellectuel manque; ou bien s'il n'en a que deux, c'est qu'un des trois ordres de facultés représente le pliénomène électrique qui s'opère par eflluve d'un pôle à l'autre; c'est-à-dire que ce troisième ordre est l'exprès-
sion des rapports harmoniques ou discordants, attractifs ou répulsifs, sympathiques ou antipathiques des deux autres ordres.
En effet, si je ne me trompe encore, l'anatomie du cerveau, même sa forme générale apparente, la figure que vous en avez dessinée dans votre ouvrage, votre description formulée, ne nous montrent pas trois fractions analogues entre elles, trois masses distinctes et semblables, trois appareils, spéciaux, ayant l'air d'individualités organiques similaires.
En d'autres termes, je crois, d'après les physiologistes et anatomistes et vous-même, que si j'enlevais d'une main toute la partie dite postérieure du cerveau, de l'autre toute la partie antérieure, j'aurais dans les deux mains deux appareils analogues; mais que, si j'avais une troisième main, je serais fort embarrassé pour trouver à la remplir d'un troisième appareil semblable aux deux premiers.
Et si je le pouvais, c'est qu'il y aurait trois pôles et non pas deux, ainsi que vous le dites très-justement, selon moi, mais contrairement à vos prénrisses.
Supposez, pour un instant, que ces observations fussent l'occasion pour vous, anatomiste et physiologiste, d'examiner si, en eflfet, le cerveau n'est pas un organe un et double à la fois , donc TRIPLE , parce que les deux fractions, antérieure et postérieure, s'accouplent et se marient, engendrent, dirigent et meuvent aussi bien toutes les idées que toutes les molécules de l'homme, par cette communion électrique.
vitale, des deux centres, des deux pôles psychique et physique de l'esprit et de la chair.
Évidemment, si cette évolution s'opérait en vous, rien de votre science ne serait perdu, mais elle serait transformée : toutes vos observations se classeraient différemment. Et pourtant cette radicale révolution serait due à une conception en quelque sorte étrangère à l'anatomie et même à la physiologie actuelles ; elle serait due i\ une conception que ces deux sciences, il est \Tai, peuvent justifier ou démentir, mais qui tient à un ordre plus général, plus élevé, car il est universel.
Cette conception n'est pas autre chose, cher Docteur, que la doctrine politi(|ue. morale, religieuse, industrielle, métaphysique, historique de Saint-Simon, du moins telle que je l'ai comprise et enseignée.
Je reviens à votre cer\eau :
Je ne demande pas mieux que d'y voir trois pôles, puisqu'ils correspondraient aux trois ordres de facultés que vous me signalez. Si donc vous me montrez, au milieu, |Kir devant et par derrii^re, trois masses répondant î\ : fiicultés animales, facultés intellectuelles et facultés sociale.^, j'en serai enchanté. Mais je vous vois toujo\irs parler de trois choses : animal, intellectuel et siorial, et vous ne me montrez que deux pôles, deux m«ss(»s, deux partiels d*uu organe ; je ne comprends plus.
Pinlrndo/.-Nous {\w. la partie médiane, par exemple, où vuuîi pl(i('(7. ri(l«^alité, la n^ligiosité, la sociabilité, foniii» tin «MifM'nibh» ronune le cervelet, ou même comme Ifi pMtlio (uilc^i'ieme du cerveau* où vous placez les
facultés que vous nommez perceptives et philosophiques? Je ne le pense pas, ce serait trop contraire à la réalité.
Ces pauvres facultés que vous nommez animales, vous y trouvez l'instinct de la destruction et vous oubliez d'y montrer l'instinct et, à plus forte raison, l'art de la construction ! Vous ne nous dites même pas un mot de la faculté du mouvement, qui, Dieu merci, est bien importante. Vous semblez prendre plaisir à stygmatiser cette partie de la vie humaine, en la nommant animale, comme si les instincts matériels de l'homme, y compris l'amour physique et Tamour de l'animal femelle à face humaine pour ses petits , ne différaient pas au moins autant de ceux de la brute, que l'instinct de constructivité chez l'homme diffère de celui du castor; et comme si l'abêtissement d'un savant faquir de l'Inde était bien supérieur à l'intelligence d'un singe, d'un chien, d'une abeille ou d'un cheval.
Et ce moi, cette personnalité qui fait les fats, les vaniteuse, les orgueilleux, les ambitieux, comme vous la traitez I Eh bien, je vous défie de ne pas la trouver élevée à sa plus haute et à sa plus sublime puissance , dans tous les hommes qui ont fait faire les plus grands pas à l'humanité.
Mon chier Docteur, vous méprisez trop le cervelet ; il est impossible que vous estimiez César, Alexandre, Marhomet, Charlemagne, et Napoléon, et même l'industrie et rindustriel, ce qu'ils valent; il est impossible que vous rendiez justice à la force, à l'adresse, à la grâce, à la beauté. Vous êtes docteur, vous n'êtes pas* acteur,
^•."tv pa> ce que c'est que
. . r à rim.iso do Diou.
..ii\, qi:t.-l> ca.st'V? • qMoU^^^
. .liilion, DiJi-n. Stephe^.-^'-n-
. k\\\[ ii'oir pa- f;t'.t un iivr*?-
Il ■ • • ^
■. ['.\\ î- II* < !■ - '■.;■!■ ;!■"> «:i'; T'i-
* .^ît\ V llL .. . ..4 •. . 1. .V -•?.»» i'. r-
■l'i* ili^ D-f "1 * '■'■■■ ■*" ''* "■ ■"*
,,..ii.uii'. i|u\»n V >;:.: v:::: .i>ur: ";^:5 uiu- hniimnvi iK« .\..:\ ■. >; :. ;;::.:.; ;:;
représentant, ils n'ont pas su émettre et réaliser une seule idée pratique; ils ont été en /ai7, en acte^ en chair ti en 05, paralytiques, et comme joouyotr, comme autorité j ils ont été cataleptiques.
Soyez convaincu , cher Docteur , que j'estime fort Ciel et terre^ la Triade^ et même les Mémoires de Gré^ goire et ceux de Carnot père ; mais je reproche à leurs auteurs et à vous de n'aimer ni comprendre le style et l'œuvre maçon. Ces messieurs ont des fronts superbes, mais de cervelet peu, ou du moins vous l'avez tous sensiblement atrophié par votre mépris des facultés céréhro-animales.
Reynaud s'est enfui de la terre, où l'on travaille^ pour aller se promener dans les étoiles, où il flâne en rêvant. Ce bon Leroux, pauvre écureuil en cage, tourne dans son circulus ! Carnot continue son ministère de l'instruction publique, par l'instruction privée de ses enfants , très-bien ornés de grec et de latin , et décorés , je crois, d'co et d'y comme leur grand-père ; enfin, vous, vous enlevez des cataractes, mais non celles du Nil ou autres du même genre, telles que Suez ou Panama.
Tout cela est excellent et méritoire; mais, pour Dieu, Messieurs, trouvez donc bonnes et dignes de l'homme ces facultés dont vous êtes peu doués et que d'autres ont en partage, et au moyen desquelles, vrais Hercules, ils portent et traînent la terre, l'industrie, la matière. Dieu incamé, le monde, la nature, le Pan qui vit dans l'immensité.
Comment , cher ami , vous voulez en finir avec les Jésuites , et vous ne comprenez pas que tout est là I