‹ Science de l'homme, physiologie religieuseChapitre 11 sur 125 · TS · texte numérisé non relu

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mêmes et hors de nous, entre l'intelligence et le corps, entre la science et l’industrie, entre l’homme et la femme, entre le spirituel et le temporel, entre la liberté et l'autorité, entre le cerveau et le cervelet. La santé de l’avenir, c’est leur union par égalité, le respect de l’un pour l’autre, par amour de la volonté de Dieu; c’est le jeu harmonique des deux courants de la pile humaine, alimentés par l'électricité vitale, présence réelle de Dieu mâle et femelle, de Dieu générateur de tout ce qui est, maître de la vie et de la mort dans le fini, roi du progrès dans l’indéfini, seul possesseur de la vie éternelle et universelle.

Donc, pour faire cesser cette lutte impie, commençons nous-mêmes par exprimer et inspirer ce respect égal des deux faces de la vie; et pour établir la paix sur les champs de bataille du passé, cherchons, découvrons les liens qui unissent naturellement et divinement les deux frères ennemis, les deux sexes rivaux, les deux natures hostiles, qui, par leur amour, doivent enfanter l'humanité nouvelle.

Les hommes, pour atteindre leur santé normale, doivent opérer en eux le même progrès que les peuples qui voudront réaliser la politique de paix promise par Dieu à l'avenir ; ceux-ci doivent aimer les autres peuples à légal d’eux-mêmes, et respecter autant ceux de la chair que ceux de l’esprit, ceux de l’orient que ceux de l'occident ; et ils doivent aussi chercher, montrer à tous, proclamer bien haut quels sont les liens vivants, ayant puissance de relier entre eux ces organes de l’êtrehumanité.

Que les physiologistes respectent donc le corps à légal de l'esprit, les appétits physiques à l’égal des appétits intellectuels, et qu'ils étudient et enseignent comment nos divers organes sont liés entre eux. Si, au contraire, ils plongent le scalpel et là loupe dans les profondeurs de la bouillie cérébrale, pour y chercher la vie, ils n’y trouveront que le cadavre et la mort, Qu'ils ramènent la vie à l’unité et laissent les anatomistes la décomposer en multiplicité.

Or l'unité de la vie, ce n’est pas dans un organe spécial, quelle que soit sa généralité, qu’il faut la chercher; le cerveau n’apprend pas plus l’homme, que l’histoire des rois n’apprend l'histoire de l'humanité. Vous êtes, sans vous en douter, un physiologiste aristocrate, en flagornant comme vous le faites ce caput qui est un vrai caput mortuum ; ce pape de l'organisme que vous encensez comme le fait de Maistre ; ce siége de la vie intellectuelle, aussi muet, aussi sourd que la chaire actuelle de Saint-Pierre, qui ne dit plus rien au monde, aux organes de la chrétienté, et qui n'entend plus, ne voit plus, ne sent plus ce que disent, ce que font, ce que veulent tous ces membres de l'humanité.

Aussi qu'arrive-t-il avec votre doctrine sur le cerveau? c’est que vous ne pouvez voir ni nous montrer, Vous, homme de la liberté, le siége moral, intellectuel ou physique de la liberté, ni, à fortiori, celui de l'autorité ! Vous savez pourtant qu'il y à des amants de la liberté et des amants de l'autorité. Où sont donc les bosses de cette faculté qui ne veut pas de maitre, et de cette autre faculté qui veut être commandée? Qu'est-ce qui consti-

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tue l’être actif ou l'être passif, le païen ou le chrétien, l'empereur ou le pape, le roi des rois ou le serviteur des serviteurs de Dieu ?

Par réaction contre l’absolutisme de ce gros ganglion cérébral, je conçois qu’il y ait des gens prétendant reconnaître le caractère et les facultés d’un homme à son écriture ou à la forme de sa main, de ses doigts, ou, comme dans Tristram Shandy, à la manière de saluer, de s'asseoir, de tirer son mouchoir de sa poche; et franchement je ne crois pas vaines toutes les curieuses idées de Fourier sur les analogies des goûts pour les fruits, les légumes, les odeurs, avec les passions et les facultés humaines.

Encore quelques mots sur la comparaison des appareils cérébraux du mâle et de la femelle, de l’homme et de la femme.

Remarquez que depuis le commencement de ce siècle on ne s’est pas borné à faire des travaux sur cet organe, le cerveau, on a également étudié la plupart des autres appareils spéciaux de l'organisme. Tel a pris le cœur, tel autre le poumon, tel autre le foie, la rate, l'estomac, les intestins ; de sorte qu’il a bien fallu, quand on est arrivé aux organes de la génération, reconnaître qu'il y avait des organes si différents, selon le sexe, qu’il en résultait une anatomie, une physiologie et une médecine appropriées à l’homme, et une anatomie, une physiologie et une médecine tout à fait spéciales à la femme.

J'aflirme, à priori, avant toute vérification, qu'il en est ainsi pour tous les détails comme pour l’ensemble de ces deux êtres dont la communion perpétue la vie

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humaine; j'aflirme qu'il suflira de bien raisonner et de bien observer pour faire, dans cette voie d'anatomie et de physiologie comparées, des découvertes importantes pour l'éducation et pour l'hygiène, m6rales, intellectuelles et physiques, non-seulement du couple homme et femme, mais de l’homme ou de la femme isolés, abstraits l’un de l’autre. Par conséquent ces découvertes seront spécialement importantes pour l'enfance et pour la vieillesse, pour ceux et celles qui ne peuvent pas encore ou ne peuvent plus engendrer, mais qui, tout en étant neutres sur ce point, n’en sont pas moins mâle ou femelle.

$ 2. Puisque j'ai parlé des organes de la génération, mâle et femelle, je vous demanderai, cher Docteur, de vouloir bien nous y arrêter quelque peu.

Que le paganisme m'éclaire et que le christianisme me prête son voile! Je me mets sous la protection des grands maîtres de la force et de la beauté, et sous le patronage des héros de l'intelligence et du savoir.

Je ne veux pourtant pas vous marquer au front des deux signes adorés dans les Indes, mais je ne veux pas non plus poser sur le mien une croix ; parlons donc en toute indépendance des deux symboles de la vie, dans leur réalité et en toute vérité.

Comme c’est beau, sublime, divin, cette opération de chimie transcendante que Faust cherchait à exécuter dans un creuset, et d’où sort un être vivant, pouvant adorer Dieu et accomplir sa volonté d'amour sur la terre! Combien il serait merveilleux que cette œuvre

Re | je magnifique, qui seule, ou du moins par-dessus toutes, identifie les êtres finis avec le générateur infini et éternel, fût accomplie spécialement par des organes secondaires, infimes, méprisables, honteux, tandis que l'organe respectable, suprême, divin, serait celui destiné à engendrer des fruits tels que ceux-ci : deux et deux font quatre; la somme des angles d’un triangle est égale à deux droits, ou même les corps s’aitirent en raison inverse du carré des distances, etc.

Et cependant, pour ces organes qui donnent spécialement la vie, je dirais encore ce que j'ai dit du cerveau : gardons-nous de résumer, de concentrer, d’absorber en eux tout l'organisme humain, mais cherchons surtout le lien qui les unit à l'organisme entier, puisque nous pouvons, par là seulement, nous rendre compte de l’état général de l’homme et de la femme créant un ÊTRE, comme nous devons chercher à connaître l’état de l’homme ou de la femme élaborant une idée ou produisant un acle.

Ici même, le phénomène, objet de notre étude physiologique et anatomique, a un caractère qui place cette étude au-dessus de toutes les autres de ce genre. Ce caractère grandiose tient non-seulement à ce que le résultat, le produit de la fonction des organes, est un être humain, mais à ce que c’est l’homme et la femme qui sont les deux piles de cette œuvre chimique, et qu’il faut absolument étudier chacune des deux piles séparément et le jeu qui s'effectue entre elles. a

Ici donc il n’y a pas moyen d’errer, comme lorsqu'il s'agit de la création des idées et des actes, c’est-à-dire

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