‹ Science de l'homme, physiologie religieuseChapitre 13 sur 125 · HAE · texte numérisé non relu

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sensations qu’il reçoit du monde extérieur ; cherchons les organes et les instruments qui sont en lui, auxquels Dieu confie directement sa volonté, et par lesquels ce fils de Dieu s’en inspire, se l’assimile et la transmet volontairement, personnellement, librement au monde.

Vous êtes croyant au Dieu universel, cher Docteur, montrez-nous-le donc aussi bien dans le moi que dans le non-moi, aussi bien dans l’homme qu’en dehors de l’homme; ne défendez pas au prophète, au poëte, à l'artiste, à l'homme de cœur, de croire que Dieu lui parle directement, afin que lui-même, héraut privilégié de Dieu, proclame SA volonté suprême au monde, qui l'ignore. Ne lui défendez pas cette CROYANCE comme contraire à la science, il se moquerait de votre science, et il aurait raison. 1

Je demande donc à votre science de considérer abstraitement l’homme comme si il avait tout en lui; comme st il ne recevait rien du dehors et, au contraire, lui donnait {out ; comme si il possédait en lui la source de vie, le sentiment, le raisonnement et l’acte : et alors, qu’elle nous dise comment il communique au monde, qui ne les connaît pas, qui ne les a pas en lui, ses sentiments, ses raisonnements, ses actes; c’est-à-dire comment, lui aussi, donne au non-moi sa propre vie, pénétrant jusqu’au cœur de ce non-moi qui l’élabore et la manifeste à son tour par des sentiments, des raisonnements et des actes.

Je me trompe fort, cher Docteur, si votre science actuelle n’a pas complétement négligé ce point de vue du microcosme antique, qui est aussi celui du libre arbitre

du chrétien, et sans lequel il ne peut y avoir ni science, ni politique, ni morale, ni religion.

Considérons donc l’homme, par abstraction, comme un petit monde, molécule élémentaire infinitésimale, expression différentielle de la vie univérselle ; examinons ses organes et spécialement le cerveau. Dans cette hypothèse, je ne m'occuperai des ramifications du système nerveux, reliant le cerveau à tous les points de la surface extérieure du corps, que pour constater comment elles y portent le sentiment, l’idée, le mouvement, conqus par ce pelit monde vivant au sein de Dieu. Peu m'importe ici d'examiner et de constater que cette monade aspire son non-moi et s’en inspire; ce qu'il me faut savoir, c’est le procédé par lequel elle l'inspire de ce qui est en elle. C’est elle qui vit, pense, agit; c’est à elle que j'attribue l'initiative des sentiments, des idées, des actes de son non-moi passif qu’elle influence, et sur lequel elle pèse de toute la puissance que lui donne son essence infinitésimale.

Songez que, sans cette croyance, pas de conscience résistant à la foi universelle, pas de Jésus crucifié, pas de Galilée s’écriant, même à genoux devant ses juges : Et cependant elle tourne! pas de Christophe Colomb, et surtout pas de martyrs de la liberté !

Oui, j'ai foi que Saint-Simon sentait Dieu distinctement en lui et vaguement dans le monde, alors qu'il osait dire : « Princes, écoutez la voix de Dieu qui vous parle par ma bouche ! » J'ai foi que Dieu révélait à lui seul, avant tous, cette pensée rénovalrice du christianisme et ignorée par toute la chrétienté : « Il ne suflit

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