ABLE
pas d’avoir dit aux hommes qu'ils sont frères, il faut en outre leur indiquer comment et dans quel but ces frères doivent s'organiser en société. » J’ai foi que Dieu m'éclaire particulièrement et avant tous moi-même, lorsque j'ose vous dire : « la physiologie ne sera une science que lorsqu'elle aura posé pour base et pour but de ses études l’ANDROGYNÉITÉ, l’union génératrice des deux sexes, chacun des deux étant lui-même androgyne dans tous ses organes, dans tous ses tissus, dans toutes ses circulations, dans toutes ses molécules; parce que l'androgynéité est la loi suprême et universelle de vie de tous les êtres. »
La molécule humaine est double, mâle et femelle, Adam et Êve:; en elle je veux sentir, comprendre, toucher non-seulement l'humanité tout entière, de tous les lieux et de tous les temps, mais l'univers, mais l'immensité, les étoiles, le soleil, la terre et les mers, les animaux, les végétaux, les minéraux. Voilà pourquoi la Genèse est le plus grand livre de physiologie qui ait encore été donné au monde.
Est-ce d'une côte d'Adam qu'est née Eve? Est-ce parce qu'elle a mangé une pomme qu'elle a engendré? Est-ce un serpent qui l’a tentée? Que me font aujourd’hui ces mythes? Dans Adam et Ève, le physiologiste divin a posé l'hypothèse du couple générateur du genre humain. Or c’est une des deux grandes hypothèses que la science est obligée de poser comme abstractions indémontrables, mais indispensables : ou bien l'humanité est née d’un seul couple, était en germe dans un seul couple ; ou bien l'humanité a toujours été une multitude
= M ee de couples divers, distincts selon les climats, les latitudes et les longitudes, selon les localités qu’ils habitaient. Telles sont les deux hypothèses également utiles à l’établissement et au progrès de la science, Et il est aussi niais et aussi inutile de les prendre l’une ou l’autre pour vérité absolue, de discuter la supériorité de l’une sur l’autre, qu’il est ridicule et vain de rechercher si la poule à commencé par l'œuf ou l’œuf par la poule. Mais, je le répète, la science qui s’appuie sur l’une des deux hypothèses seulement et qui néglige l’autre, marche nécessairement, inévitablement vers l'absurde, parce qu’elle repose sur une abstraction et non sur la réalité de l’être qui en exige deux de signes contraires, telles que l'unité et la multiplicité, le couple générateur et l'espèce.
IT. — S 1. Laissons cette digression sur la Genèse et rentrons dans l'hypothèse de l’étude spéciale du couple générateur, et, plus abstraitement encore, dans l'hypothèse du moi considéré comme modificateur et en quelque sorte créateur du non-moi.
Je vous ai montré des applicalions de cette hypothèse au génie, à l'invention, à l'inspiration, à Part, à la conscience, à la liberté ; je me suis eflorcé de vous faire sentir que l’homme devait nécessairement croire, dans certaines circonstances, non-seulement à son indépendance absolue du non-moi, mais à sa puissance propre, à sa domination absolue sur le non-moi. Si tout cela est vrai, comme j'en suis convaincu, ou du moins si