‹ Science de l'homme, physiologie religieuseChapitre 21 sur 125 · BEAUX-ARTS, SCIENCE · texte numérisé non relu

BEAUX-ARTS, SCIENCE

Industrie.

D’autres, Brothier et Lemonnier, par exemple, les écrivent horizontalement, ainsi :

Beaux-arts, Science, Industrie,

Moi je les formule triangulairement :

BEAUX-ARTS, Science. — Industrie.

Vous êtes pour l’inégalité des attributs de l'être, Brothier pour leur égalité, moi pour leur COMMUNION par inégalité et par égalité. Bien des gens prétendent que les longues discussions sur la trinité chrétienne n'ont servi à rien, sinon à amuser des bavards et à faire pousser des hérésies. Elles ont servi inconteslablement à constituer en Occident le catholicisme et en Orient l’islamisme. Dieu veuille que notre discussion sur la trinité serve à l'union de l'Occident et de l'Orient, du catholi-

LUS cisme et de l’islamisme, du spiritualisme et du matérialisme; en un mot, à la paix universelle !

Vous voulez bien mettre les sentiments, l’amour, audessus de la science, du raisonnement; mais, par compensation, vous subordonnez l’industrie à la science, la vie matérielle à la vie intellectuelle, et même vous stigmatisez la première du nom de vie animale, tandis que la seconde fait partie de ce que vous nommez la vie humaine.

Brothier est un peu plus près que vous de la vie morale, théorique et pratique, de l'avenir, en ce sens qu’il ne méprise pas l'aspect matériel de la vie et qu'il le met au même niveau que l’aspect rationnel. Malheureusement, il place à ce même niveau le sentiment, qui, seul pourtant, donne moralité et vie à la science et à l'industrie.

Les conséquences religieuses, morales et pratiques de vos deux hérésies sont évidentes : vous êtes forcé, vous, de revenir logiquement, en religion, au diable tentateur dans et par la chair, combattu par un Dieu, esprit pur, incorporel ; dans la morale, à la mortification de la chair; et en politique, au servage des castes agricoles, industrielles et commerciales et au despotisme de la classe savante,

Brothier arrive tout bonnement à une république d’artistes, de savants et d’industriels, sans liens vivants, sans gouvernement d'hommes, sans autorité et sans obéissance, sans respect filial envers le supérieur, sans paternelle direction envers l’inférieur.

Quand je vous vois dire, page 386 : « L’esclavage

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ne disparaîtra que par un rachat auquel la science devra présider par d’incessantes prédicalions d'Amour, etc., » cette confusion de la science et de l’amour me fait mal au cœur , parce que faire de la science et même l’enseigner, est tout autre chose que de prêcher l'amour. Certes, je n’entends pas dire que celui qui à faculté de prêcher l'amour soit nécessairement un ignorant, une brute ; je ne prétends pas non plus qu’on puisse être savant sans avoir d'amour, ne fût-ce que celui de la science, lequel, par parenthèse, peut être uni à un parfait égoïsme ; mais, encore une fois, savoir et aimer sont deux et non pas un.

Ainsi, d’une part, subalternité du corps, de la chair, de lindustrie, à l’égard de l'esprit, du calcul, de la science ; de l’autre, confusion de l'esprit, du calcul, de la science, avec l'amour : telle est votre doctrine, tel est votre dogme; et tout votre ouvrage en est le développement, l'exposition, le commentaire. |

Votre théologie, votre philosophie, votre morale, votre politique, sont empreintes d’un triple cachet dont deux faces se mêlent, se confondent et écrasent la troisième ; de sorte qu’en réalité vous n’en montrez et on n’en voit qu'une seule qui absorbe et domine tout : la science ! Quoique votre doctrine soit trinaire, quoique vous la formuliez comme moi : Amélioration du sort MORAL, intellectuel et physique de l'individu, de la famille, de la commune, de la société, de l'humanité, il est évident que, de votre doctrine, résultent un homme et une humanité tout différents de ceux que je cherche à réaliser de mon côté.

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