‹ Science de l'homme, physiologie religieuseChapitre 23 sur 125 · NE · texte numérisé non relu

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donc! Etudiez-les, vous verrez qu'ils ne servent qu’à satisfaire les appétits physiques, les facultés animales; vivants ou morts, ils n’en valent pas mieux, c’est de la vile matière !

Et vos carabins, sortant de l’amphithéâtre, foulent aux pieds cette vile matière; ils l’avilissent encore à qui mieux mieux, en eux et hors d’eux ; ils enseignent à tous, eux qui font profession de connaître l’homme, comment on doit traiter la matière de l’homme et de la femme, leurs appétits physiques, leurs facultés corporelles, leurs puissances charnelles.

Avouez qu'éduqués ainsi ce seront de fameux esprits !

Toute la génération actuelle en est là, tant l’anathème lancé jadis contre la matière est répété par tous les enseignements de la science. Comment voulez-vous que l’industrie devienne le culte du Dieu vivant ? Comment voulez-vous qu'un Phidias fasse vivre Dieu dans le marbre ? Comment voulez-vous qu'un poëte puisse animer la nature, la forêt, la mer, la montagne, la cité, la patrie, comme le faisaient un païen et même un fétichiste ?

Eh quoi, notre Dieu serait le Pan universel, et nous ne saurions ni le voir ni le toucher! Nous ne pourrions que raisonner et discuter avec son esprit ; et lorsque nous heurterions notre corps contre son corps, nous nous bornerions à dire : animal ! Rousseau s’écrie : « Puissances du ciel, qui m'avez donné une âme pour la douleur, donnezm'en une pour la félicité! » Moi, en priant pour vous, je dis: « Dieu qui lui avez donné une âme pour votre esprit, donnez-lui-en une pour votre chair! »

D Vous voulez, dites-vous (p. 524), « remplacer tout ce qui peut tenir en nous de la brute, l'ivresse, la gloutonnerie, la gourmandise, par des jouissances intellectuelles et morales. » Hélas! ce n’est pas la brute qui s’enivre et s'indigère, elle n’est pas même gourmande; tous ces appétits déréglés, quoi que vous en disiez, sont humains et non animaux, et ils tiennent bien plus à ce que l’homme est souvent un esprit bête, qu'à ce qu'il est un corps animal. Mais d’ailleurs, remplacer de la nourriture par des jouissances intellectuelles et morales, c’est peu restaurant ; aussi ajoutez-vous: « Arrivons à des banquets, à des communions simples et frugales, mais relevées par l’exquise propreté des convives, par le bon goût et l’arrangement élégant de leurs vêtements et du service des tables, par des parfums, par les discours les plus philosophiques en leur poésie. » Est-ce que vous croyez réellement que ce sont les hommes de l’esprit, les savants, les cerveaux qui entendent la vie comme cela ? Sauf'les discours philosophiques, fort peu poétiques, tout ce que vous citez là n’est pas et ne sera jamais de leur domaine. L’exquise propreté, le bon goût et l’arrangement élégant des vêtements, le service des tables, les parfums, grand Dieu! Mais vous n’avez donc jamais connu ce colossal esprit, Ampère ? Qui donc est doué des facultés que suppose un pareil banquet ? l'amant délicat de la chair, et spécialement cet animal qui s'appelle la femme. Inclinez votre esprit devant cette chair charmante.

Tous vos banquets, toutes vos communions seraient de sales boustifailles charnelles ou d’ignobles orgies in-

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