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la sensibilité à un degré plus ou moins éminent, Les parties de nous qui ont le moins de sensibilité dans l’état de santé, sont celles qui en acquièrent le plus dans l'état de maladie ; tels sont : les os, les parties cornées et les cheveux. Enfin, ce que j'ai ditide la similitude des sensations résultant de l'absorption ou de l’excrétion des fluides impondérables, exécutées par les nerfs optiques, auditifs, olfactiques et du goût, est applicable aux épanouissements nerveux qui constituent aux extrémités de nos doigts le sens du toucher, mais encore à tous ceux qui rendent notre organe cutané sensible dans toutes ses parties. Qu’on brûle ou qu’on gèle subitement une partie quelconque de l'organe cutané, la sensation sera la même pour le patient. Celui qui donne et celui qui reçoit l’étincelle électrique éprouvent la même sensation. Ainsi, l'entrée abondante et subite du calorique ou de l'électricité dans les tubes nerveux, ou leur sortie rapide, produisent le même effet sur notre faculté de sentir, et nos sensations, ainsi considérées, prouvent doublement l'existence et la circulation d’un fluide dans les tubes nerveux.
Je résumerai en quatre observations générales les observations et expériences particulières que je viens d'énoncer :
1° Qu'on coupe une partie quelconque d’un animal quelconque vivant; qu'on la dégorge; qu’on l'injecte ensuite avec un liquide coloré d’une mänière tranchante par rapport aux enveloppes tubuleuses dans lesquelles il doit pénétrer, et la tubulosité sera rendue visible dans toutes ses parties ;
2 Qu'on donne à manger à un animal quelconque, un minéral quelconque, l'animal ne digérera point cet aliment; il faudrait, pour que l'assimilation püt avoir lieu, que ses forces digestives fussent suffisantes pour déterminer la perforation des polyèdres constituants du minéral, et pour anéantir l’angulosité de leurs faces; car il ne peut y avoir que des molécules tubuleuses et arrondies, capables de remplacer des éléments de cette nature, et il est reconnu que les molécules constituantes des parties les plus fixes de notre organisation sont remplacées au bout de sept ans. Ce que je viens de dire n'est point applicable aux fluides; leur ténuité moléculaire les rend susceptibles de tous les genres d’assimilation. En un mot, un animal quelconque, un végétal même, ne peuvent s’assimiler que les molécules solides qui sont entrées dans la composition d’autres corps organisés ;
3° Qu'on chauffe un corps brut se trouvant à une température très-basse, on n’observera d'autre effet produit que celui d’un accroissement de volume de ce corps; qu'on chauffe avec les précautions convenables un corps organisé, asphyxié par un froid humide (un moineau, par exemple, le cas n’est pas rare), on verra la vie, qui était en quelque façon suspendue chez cet être, reprendre toute son activité, ce qui se manifeste d’abord par le rétablissement de la circulation des fluides. Disons à cette occasion que l’action des fluides dans les corps organisés est le principe et même le régulateur de la vie; car la fièvre est le symptôme le plus général des dérangements de santé ;
k° Dans tout animal qui s'éteint par une mort sénile, l’anatomiste reconnait, dans les derniers moments de la vie, une grande diminution d’activité dans la circulation, et après la mort, l’oblitération d’une grande quantité de vaisseaux qui ne sont plus-susceptibles d’être injectés, ainsi que l’ossification plus ou moins avancée des viscères.
J'aurais pu produire un beaucoup plus grand nombre d'observations et d'expériences à l'appui de mon dire ; mais cela m'a paru inutile pour convaincre les personnes au courant de la science (qui sont les seules auxquelles cet écrit s'adresse), que les deux faits ‘généraux annoncés sont exacts :
1° Les parties élémentaires des corps organisés sont tubuleuses ;
2° La présence et la circulation des fluides dans les tubes organiques sont nécessaires au développement et à l’entretien de la vie.
Plus les tubes que contient un corps organisé sont variés en dimension de longueur et de diamètre, plus ils forment de viscères et de sens distincts, et plus le corps est élevé sur l'échelle des êtres, c’est-à-dire plus ce phénomène a d'action sur ce qui lui est extérieur. Qu'on fasse un examen comparatif bien suivi, depuis les fungus jusqu'à l’homme, et ce fait sera complétement vérifié. L'homme, qui est le mieux organisé de tous les animaux, a cinq viscères et cinq sens bien distincts, savoir : la cervelle, le cœur, les poumons, le foie et la rate; cinq sens, savoir : la vue, l’ouie, l’odorat, le goût et le toucher.
Il existe encore de grands préjugés en anatomie
comparée ; le plus marquant de tous a fait placer le singe immédiatement après l’homme. C'est à cause de sa ressemblance avec l’homme que l’homme lui à accordé la seconde place ; la vérité est qu’il ne la mérite pas. Plusieurs animaux sont -mieux organisés que lui et plus intelligents par conséquent. Ils doivent donc être classés comme intermédiaires entre le singe et l'homme. Le castor et le rat musqué ont tous les deux le muscle abducteur du pouce, ce qui leur constitue le sens du toucher qui manque complétement au singe, dont les facultés en ce genre se réduisent à la simple préhension. L’éléphant a une ébauche du sens du toucher, placée à l'extrémité de sa trompe. Les travaux très-connus du castor, ceux moins généralement connus, mais cependant bien constatés du rat musqué, l'étendue des combinaisons de l’éléphant, classent ces animaux comme bien supérieurs en intelligence au singe.
D'après ce que nous venons de dire, il est facile de s'élever aux idées générales suivantes :
1° Les deux états les plus opposés dans lesquels la matière puisse se trouver, sont, d’une part, l’état de solidité ; de l’autre, celui de fluidité ;
2% Les faits les plus extraordinaires qui puissent exister sont ceux qui résultent de l’action de la matière en état de solidité, et de celle de la matière en état de fluidité, dans l’opposition la plus complète;
3° Un phénomène est d'autant plus important (proportion gardée de sa dimension), que l'opposition entre la matière à l’état de solidité et de fluidité est plus multipliée et mieux réglée dans toutes ses parties ;
Dm. 0 + pe ad Tee ed de Arbre 5e 25 mn
k> Les corps organisés sont de tous les phénomènes ceux dans lesquels l'opposition entre la matière en état de solidité et de fluidité est la plus complète et la mieux réglée.
De ce point de vue, nous découvrirôns maintenant avec beaucoup de facilité la grande cause, la vraie cause de la lenteur des progrès de la physiologie.
Les solides nous font éprouver des sensations plus claires, plus distinctes, plus faciles à percevoir, à apprécier, à comparer, à combiner et à calculer, que les
fluides. Ainsi, l’esprit humain a dû s’occuper des premiers, avant de fixer son attention sur les autres. En effet, les Égyptiens, déjà assez avancés en astronomie, n'avaient qu'une connaissance très-vague de l’existence des fluides. Les Arabes sont les premiers qui en aient fait un objet d’études, et ils n’ont obtenu aucun résultat important. Ce n’est que dans le xvur° siècle que cette
* branche de nos connaissances a pris son essor, et, de nos jours seulement, l'atmosphère a été décomposée. On a fait des expériences sur les propriétés et les poids
respectifs des gaz qui la constituent. De nos jours seulement, la légèreté du gaz hydrogène a été utilisée pour s'élever dans l’atmosphère; de nos jours seulement, on a su rendre la vapeur des liquides en ébullition une force disponible. Enfin, c’est tout récemment que Galvani nous a donné les moyens de démontrer que les fluides impondérables étaient les grands agents des phénomènes de la vie.
Les fluides impondérables étant les causes de la vie, la physiologie n'a pu faire que des progrès très-
lents, jusqu’à l’époque où la physique générale a constaté l'existence de la matière dans cet éminent état de fluidité. Ainsi, on ne doit point conclure de la lenteur des progrès de la physiologie, jusqu'à ce jour, que le perfectionnement de cette science ne s’accélèrera pas.
Il nous reste encore un grand pourquoi à donner; il nous reste une vaste lacune à remplir, un préjugé important à détruire. Nous avons établi la différence de structure des corps bruts et des corps organisés ; nous avons fait voir ensuite que, plus un corps était organisé et plus il exerçait d'action sur ce qui lui était extérieur. Nous avons énoncé la loi qui fait concorder d’une manière qui paraîtra de plus en plus satisfaisante la série des causes avec celle des effets, depuis les fungus jusqu’à l'homme ; mais nous n’avons point donné le pourquoi de l'immense supériorité de l’homme à l’égard de tous les autres animaux, même de celui qui est le plus élevé après lui sur l'échelle d'organisation; c’est l'objet que nous nous proposons d'exposer actuellement.
L'opinion que j'émettrai à cet égard sera fondée sur les six observations suivantes, outre celles que j'ai déjà présentées.
PREMIÈRE OBSERVATION
Que l’on compare un enfant nouveau-né avec les petits nouveau-nés d’autres mammifères , et l'on ne remarquera pas dans le premier une supériorité décidée d'intelligence sur les autres. En voyant la quantité de fois que les personnes qui l'entourent lui répètent les
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