‹ Science de la moraleChapitre 116 sur 147 · PASSIONS EXQTËES PAR DES IDÉES, PASSIONS RELIGIEUSES · texte numérisé non relu

PASSIONS EXQTËES PAR DES IDÉES, PASSIONS RELIGIEUSES

Les passions ne s'éveillent pas seulement à la rencontre des objets mêmes. Les idées, dans un être ca* pable ainsi que l'homme de comparer, de se rappeler, de prévoir, d'exercer sa pensée sur les simples représentations des choses, suffisent pour mettre en jeu le désir, l'émotion et le sentiment. Il n'est aucun genre de phénomènes produit ou reproduit par rimagination, qui ne ^comporte au moins quelque chose des effets passionnels inhérents à la réalité même. Tant que les idées sont relatives à des objets concrets, appartenant à la vie humaine et présente et accompagnés de la représentation du bien d'utilité, les passions doivent être des mêmes genres et espèces que celles dont ces objets provoqueraient directement la naissance. Il se peut seulement que les passions soient alors plus composées et d'une analyse plus difficile, à cause des rapprochements et mélanges de toutes sortes opérés dans la pensée, que ne maîtrisent point en ce cas de fortes sensations actuelles. On n'a pas pour cela d'éléments nouveaux à considérer, ni d'autres classes par conséquent. Mais si les idées sont relatives à des objets abstraits, soit à des faits généraux déterminés par des concepts ; ou si les objets, quoique particuliers, sont imaginés sous l'espèce d'un de ces biens dont la représentation est exempte d'intérêt, ou si enfin ils se lient à des fins intéressées, du moins en partie, mais qui se placent en dehors de la vie présente, les passions forment des classes vraiment nouvelles. Dans le premier cas elles seraient bien nommées passions philosophiques ; dans le second, elles sont esthétiques ; dans le troisième, que j'examinerai d'abord, elles sont religieuses, et nul n'ignore quelle en est la force, même

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