‹ Science de la moraleChapitre 15 sur 147 · DU DROIT RELATIVEMENT A L'AGENT MORAL ISOLÉ · texte numérisé non relu

DU DROIT RELATIVEMENT A L'AGENT MORAL ISOLÉ

Le devoir envers soi esl-il accompagné d'un droit corrélatif? Pouvons-nous dire et attacher un sens à nos paroles, que l'agent moral est en droit d'exiger quelque chose de soi-même ? Évidemment, la logique seule de ridée comporte qu'il puisse exiger de lui ce qu'il se doit, et il semble bien qu'il y a dette s'il y a devoir ? Mais remarquons que le sens du devoir comme dette est précisément celui que nous avons reconnu ne pas appartenir au devoir envers soi. Analysons l'idée du droit vis-à-vis de soi, dans la conscience isolée. Cette idée ne s'ofifrirait pas d'elle-même. Née d'un milieu plus complexe, elle se réduit ici au formalisme d'une corrélation verbale, savoir que nous n'avons pas le droit de ne pas faire ce que nous avons le devoir de faire, et réciproquement : proposition toute analytique d'où nous n'avons rien à apprendre, et qui n'ajoute pas le moindre élément à notre notion de devoir. 11 n'en est pas ainsi, nous le verrons, quand on traite des rapports entre personnes : là l'obligation et le droit expriment des termes différents et se lient dans un jugement synthétique.

Je prends un exemple qui ajoutera à ma théorie du devoir envers soi un utile développement. La possession que la conscience obtient d'elle-même, dans la vertu, et la direction qu'elle prend des actes et phénomènes de sa dépendance, en présence du sentiment et des épreuves de sa faillibilité, la conduisent à s'engager vis-à-vis de soi, de manière à assurer autant qu'elle peut sa conduite à venir en raison de sa conviction actuelle du meilleur des biens. C'est une promesse qu'on se fait, une obligation qu'on se crée, un vœu intime, le serment, mais subjectif. Rester fidèle à une obligation de cette nature est assurément une partie

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