‹ Science de la moraleChapitre 17 sur 147 · LA SOLIDARITÉ PERSONNELLE ET LA DOCTRINE DES MŒURS · texte numérisé non relu

LA SOLIDARITÉ PERSONNELLE ET LA DOCTRINE DES MŒURS

On a supposé ci-dessus que la personne morale abstraite, considérée dans un milieu matériel, tendait par sa simple nature à se proposer un idéal et à s'y conformer ; mais il a fallu ajouter que cette même nature renfermait des éléments propres à l'en écarter. L'hypothèse était licite, ou plutôt la thèse incontestable et tout analytique, si Ton se plaçait sur la table rase de l'expérience, attendu que la donnée de la raison impliquait d'elle-même un ordre à apporter dans les passions et dans les actes, et par conséquent un idéal personnel à poursuivre. Mais, d'un autre côté, il était indispensable d'admettre que la personne possédait déjà une expérience en arrière, car cette condition ne peut s'éviter en général pour concevoir une existence morale avec les notions qui la constituent, ni en particulier ici pour attribuer à notre agent une connaissance quelconque des biens et des maux, de leurs suites et de leur portée. Or l'expérience, en fait, implique à son tour des erreurs, des fautes antérieures. Il résulte de laque si l'idéal est

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