‹ Science de la moraleChapitre 35 sur 147 · EMPLOI DES FORMULES DE L*OBLIGATION · texte numérisé non relu

EMPLOI DES FORMULES DE L*OBLIGATION

Mais la généralisation s'achève aussitôt, car nous pouvons multiplier le nombre des associés sous la même condition et le supposer indéfini, l'étendre même à des agents raisonnables, s'il en est, qui ne seraient pas des hommes. Nous formons ainsi le concept d'une loi, ou législation universelle, que nous supposons être la volonté des êtres qui ont la raison, en tant qu'ils l'ont, ou encore celle de l'agent moral en général, et nous énonçons ainsi le précepte : Agis toujours de telle manière que la maxime de ta conduite puisse être érigée par ta conscience en loi universelle y ou formulée en un article de législation que tu puisses regarder comme la volonté de tout être raisonnable. Ce précepte constitue Vobligation catégorique, c'est-à-dire dégagée de toute hypothèse et réduite en forme de jugement universel.

Ainsi le fond de la morale du Juste réside en deux points essentiels : chercher la règle des actes, et ce premier point est commun à la morale des devoirs envers soi-même ; généraliser la personne de l'agent, et ce second point résulte de la considération de l'association. La loi morale des relations humaines ressort de l'ensemble des deux principes. Il est remarquable que l'abstraction et la généralisation, qui sont des conditions nécessaires pour constituer une science quelle qu'elle soit, sont en outre des conditions spéciales pour rendre la morale possible, et cela même dans la pratique. 11 n'y a de morale pratique, en effet, que par l'obéissance volontaire à une loi, et il ne saurait y avoir de loi pour qui ne considère que le cas particulier.

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