‹ Science de la moraleChapitre 38 sur 147 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

DU DROIT. DU DEVOIR ET DU PRINCIPE DE L'OBLIGATION DANS LA DOCTRINE DE KANT

Je placerai ici une digression sur quelques points de la métaphysique des mceurs, telle que Kant Ta entendue. D'une part, en effet, je crois pouvoir y assigner des erreurs considérables, etceserreurs me paraissent d'une grande portée : i® en ce qu'elles impliquent une fausse idée des rapports de l'histoire ou des faits avec la morale, et s'opposent ainsi à Tenlier dégagement de Tune et à l'explication des autres ; 2** parce que le droit idéal est défiguré, sans que la morale devienne pour cela plus facilement applicable ou d'une action plus eflicace sur la conduite humaine ; 3° à cause d'une certaine complication tout artificielle de la doctrine, qui, formée en partie d'éléments incompatibles au fond, résiste à une saine intelligence et à la vulgarisation réelle des vérités fortes et profondes dont elle s'inspire. Mais d'une autre part je tiens que les erreurs de Kant peuvent êtres corrigées, suivant les principes mêmes du criticisme ; je continue à me rattacher sérieusement à ce grand réformateur, malgré les modifications très graves que j'essaie d'apporter à son œuvre, et, pour cette raison, j'espère, en examinant celle-ci, jeter plus de lumière sur les pages qui précèdent et celles qui doivent suivre.

Quand je considère le sort de la morale dans le monde, je suis frappé de deux faits qui, en eux-mêmes^ ne peuvent être contestés de personne et dont certaines conséquences me semblent forcées. Mais il faut vouloir y réfléchir.

Le premier fait est l'existence d'un écart particulier presque continuel entre la conduite d'un homme quelconque, je dis même en matière de juste, et ce que ce

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