DES MOBILES DE L'INTËRÉT ET DE L'UTILITÉ
Avant de continuer Texamen des mobiles moraux^ je dois m'expliquer sur le sens de quelques mots, des plus communément employés par tout le monde, et des plus mal fixés pour cette raison même entre les philosophes. Ceux-ci ne se disputent pas tant sur les mots qu'ils ne se disputent les mots, ce qui rend leurs débats de ce genre moins puérils. Je veux dire que tantôt ils ont à cœur de ne pas sacrifier les grands noms que l'humanité respecte, mais qu'ils sont alors forcés d'en altérer le sens pour les employer dans leurs théories ; l'histoire du mot liberté serait un curieux exemple de ce cas ; tantôt, s'étant attachés à des mots d'une acception restreinte qui conviennent à leurs opinions, ils ne veulent pourtant pas avouer ce que ces opinions ont d'incomplet et prennent le parti d'étendre la signification des noms, afin de conserver au fond des idées bornées «t de paraître en avoir devplus larges. Désignons les mots comme plus élevés ou plus bas selon qu'ils se rapportent à des sphères de dignité plus ou moins grande de la pensée : on peut dire que certains philosophes ou moralistes revendiquent ces mots élevés, mais pour les affecter à des offices inférieurs, et que d'autres s'emparent de ces mots relativement bas pour les élever aux plus hauts emplois. C'est ainsi que les mots intérêt et utilité ont été souvent tirés du rang secondaire où les tenait la morale et érigés en principes souverains de la doctrine des mœurs.
Le principal est toujours de s'entendre sur le fond, et, pour cela, il faut définir. 11 faut prendre garde aussi de donner trop de compréhension aux termes, parce que Ton supprime de cette manière des distinctions nécessaires que le langage commun a consacrées et qu'on ne sait plus comment rétablir ensuite. Je crois
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rester fidèle à ce langage en désignant par le mot inté' réi le groupe des fins humaines qui comprend trois sortes de biens ou éléments du bonheur : i* Ceux qui touchent directement la conservation de l'individu ; a"* ceux qui touchent ses jouissances d'ordre matériel ou passionnel, quand ses passions n'ont que lui-même pour but; 3** ses moyens ou sa puissance accumulée de se conserver et de jouir. Cette dernière espèce de biens est celle qui résume le mieux l'idée de l'intérêt à cause de la faculté qu'a l'homme de prévoir et de généraliser. Remarquons maintenant que l'intérêt, tout relatif à l'individu, s'étend par l'adjonction des intérêts similaires <l'autrui, ou de ceux que l'individu fait siens par ses instincts et par ses passions. Et ajoutons que ce mot peut se transporter comme beaucoup d'autres du sens individuel au sens collectif. Il y aura donc des intérêts <le famille, des intérêts corporatifs, et même un intérêt social. L'intérêt ainsi agrandi tend naturellement à s'allier à des idées d'une autre nature, et par exemple à celle de justice, mais on ne doit pas en oublier pour cela le vrai sens et confondre des notions qu'il n'est permis que d'unir. La racine de l'intérêt est toujours dans les biens individuels d'une certaine espèce.
J'accorde plus d'extension à l'idée d'utilité. L'utile n'est il est vrai que ce qui sert l'intérêt, et chacun l'entend primitivement ainsi. Mais le moyen est ici plus général que la fin, ou ce qui sert plus vaste et plus complexe que ce à quoi il sert. De là l'extension dont je parle. L'homme, en sa qualité d'être raisonnable, arrive à comprendre que le développement de l'esprit sert à l'acquisition des biens matériels, et l'expérience lui apprend que la connaissance de beaucoup de choses qui semblent d'abord indifférentes est un moyen d'atteindre toutes sortes de fins désirables. Il fait donc entrer dans la sphère de l'utile tout ce qu'il croit bon pour le conduire directement ou indirectement, immédiatement ou plus tard, d'une façon prévue ou imprévue, mais sur la foi de l'exemple, à la satisfaction de son intérêt. Ainsi le domaine de l'utilité embrasse des
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soins et des travaux intellectuels, et par suite une culture de la personne, dont la relation avec l'intérêt personnel est d'abord cachée mais se dévoile à la réflexion, surtout si Ton considère Tétat social. Et, en eflFet, Futilité, comme l'intérêt, passe au sens collectif, mais sans cesser de s'appliquer à l'individu et à ses biens matériels en dernière analyse. C'est que l'utilité de tous n'est pas étrangère à l'utilité de chacun, et, sous ce rapport, les intérêts d'autrui satisfaits peuvent tourner à l'utilité individuelle. Il y a même des biens, j'ai déjà nommé la justice, qui ne sont pas du genre de l'intérêt et ne laissent pas d'être utiles à la société et à l'individu. Mais il ne faut pas perdre de vue, comme il arrive trop souvent, les faits d'antagonisme et de conflit qui ne sont ni moins réels ni moins considérables que les rapports d'harmonie entre l'utilité de l'un, l'utilité de l'autre, l'utilité de tous, x)u entre la justice et l'utilité soit d'un individu, soit d'une société. Les définitions dont je m'occupe ont l'individu pour premier sujet, j'examinerai plus loin s'il est possible d'accepter pour la morale un autre sujet fondamental que la personne.
Si l'accomplissement des devoirs envers autrui entre dans la sphère agrandie de l'utile, au moins en un sens et en partie, et quoique la notion des devoirs ait une autre origine plus claire où il n'entre point de contradiction, il en est de même aussi de l'exercice des devoirs envers soi. Le travail de la raison par lequel se dégagent les vertus de prudence, de tempérance et de courage est essentiellement fondé sur ce que ces vertus donnent à Thomme la pleine possession de sa nature propre, comme être raisonnable, maïs il l'est en même temps sur ce qu'elles ont son utilité pour fin lorsqu'au lieu de se tenir à la considération de ses biens immédiats il pense à la suite entière du développement de sa vie. II est donc vrai que les vertus sont utiles. Mais entre l'utile et l'utile, il y a toujours conflit possible, encore que dans un même sujet ; le critère des jugements d'utilité n'est pas donné dans l'idée d'utilité^
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quand il faut comparer un bien avec un bien, ou un temps avec un temps, ou l'intérêt strictement personnel avec celui des personnes ou des objets qu'on se lie et qu'on fait inhérents à soi par la passion. La raison doit alors intervenir avec des motifs autres que ceux dont la source est dans l'intérêt, et les vertus n'auraient pas un fondement suffisant et sûr si on les définissait par leur rapport avec l'utilité seulement.
L'utilité relative à l'individu et appréciée par la raison, sans autre mobile fondamental, est Vintérél bien entendu. On exprime en effet par ces mots un intérêt généralisé ou dont la satisfaction se concilie avec la conservation et le développement des moyens qui permettent de satisfaire d'une manière durable et cet intérêt même et les intérêts voisins ou rivaux. C'est bien là le caractère de l'utilité. Or la condition exif^ée, savoir la conciliation des intérêts dans l'intérêt bien entendu, ensuite la présence supposée d'une raison munie de ce qu'il faut pour résoudre les problèmes d'antagonisme des biens nous font de nouveau sentir ce qui manque au principe de l'utile pour être placé au premier rang dans la morale. On voit cependant combien la sphère de l'utilité est vaste et ce qu'elle renferme de mobiles légitimes d'un agent raisonnable.
Cette sphère s'accroît, au delà du domaine primitif et restreint de l'intérêt, de toutes les parties delà culture intellectuelle qui peuvent être jugées servir indirectement à l'acquisition des biens matériels. Mais ce n*est pas encore tout. Les moralistes utilitaires ont souvent demandé qu'on leur permît de faire entrer dans riiitérêt de l'homme la satisfaction des besoins psychiques qu'il se crée en appliquant son esprit à des objets désintéressés, à la science, à l'art, à l'intérêt d'autrui, au bien public. Au fond, il n'y a nulle difficulté à les contenter. Le mot intérêt est mal choisi, sans doute, et le laoX utilité hq vaut pas mieux, parce que l'utile a sâ racine dans l'intérêt; mais le moi passion serait irréprochable au point de vue où ils se placent, puisqu'ils
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remarquent, et cela est incontestable, que l'homme a des tendances d'un ordre général et désintéressé et que ses tendances quelconques lui créent des goûts, des passions, des besoins. Or tout ce qui est donné comme passion à satisfaire, quelle qu'en soit l'origine ou la nature, peut figurer dans le rang des intérêts. A ce compte, tous les mobiles humains, y compris les mobiles désintéressés entreraient dans l'intérêt, et les objets les plus inutiles feraient partie de l'utilité dès l'instant qu'on se les proposerait. Il ne resterait que la question de mots, importante il est vrai, en ce qu'elle constaterait que l'utilitaire admet d'une part le désintéressement et, de l'autre, persiste à le classer dans l'intérêt ; mais même avec cet agrandissement forcé le principe de l'utilité ne saurait s'étendre autant que la morale et en donner la loi.
Non seulement on ne peut pas dire que l'utile est toujours juste et toujours bon, bon dans le sens général et sans réserve du bien : ceci chacun le reconnaît, et par rapport à la personne qui trouve si souvent son utilité contraire à la justice et distingue à merveille ce qui est bien d'avec la simple satisfaction de ses passions ou attraits quelconques, et par rapport à la société qui poursuit si souvent son intérêt comme corps au grand dommage de la justice vis-à-vis des sociétés voisines ou de ses propres membres ; mais il n'est pas vrai non plus que le juste et le bon soient toujours utiles, à ne considérer que le monde actuel et les choses de l'expérience. Tel acte de justice est manifestement nuisible et reconnu tel, soit pour l'individu, soit pour une société, sans qu'on puisse autrement qu'à l'aveugle et par pure hypothèse concevoir qu'il se tourne en utilité au fond ; tel autre est utile en ceci, dommageable en cela, favorable aux uns, désavantageux aux autres, douteux en somme. Veut-on se mettre au point de vue de la société parfaite, où le juste et l'utile concorderaient toujours? il faudra fournir le plan de cette société^ et comme c'est de l'utile qu'on part, non du juste, il faudra découvrir le critère des actes et des lois vraiment
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et complètement utiles ; et jusqu'à ce que le plan et le critère soient trouvés, la morale attendra.
En résumé, il est impossible de soustraire les notions d'intérêt et d'utilité, si étendues qu'on les fasse, à la donnée d'un antagonisme d'agent à agent et de l'agent avec lui-même, tandis que la justice s'impose, en s'élevant au-dessus de tous les conflits, et que le devoir envers soi, fondé sur la raison et l'idéal, domine également toute considération d'utilité, même la plus compréhensive. Sans doute l'utilité est un vrai mobile, souvent légitime. Sans doute aussi la conscience peut dans beaucoup de cas juger de l'utile selon la raison et décideren dernier ressort, tout comme elle le ferait d'ailleurs en se prononçant sur le juste ou sur la conformité de l'acte avec l'idéal, dans la pratique. Mais, outre les conflits auxquels l'application de l'utilité est toujours sujette, et dont elle n'a par elle-même aucun moyen de sortir, il y a pour la situation de la conscience une différence capitale selon qu'elle prend le juste ou l'utile pour règle. Ici se place une des plus belles observations de Kant, dont les adversaires de sa morale ne semblent pas encore avoir senti toute la portée.
C'est que les éléments du jugement du juste, et il en est de même de ceux du jugement de conformité de l'acte avec l'idéal, sont donnés toujours et immédiatement dans la conscience qui se détermine. Au contraire, les éléments d'un jugement d'utilité dépendent de beaucoup de connaissances, le plus souvent reculées et inatteignables, et comportent des erreurs nécessaires et continuelles. Or la loi morale ne doit supposer que des données à la portée de Tagent. C'est ainsi seulement qu'elle peut constituer une véritable autonomie de la raison, par opposition aux principes ou mobiles secondaires, qui tous appartiennent à l'hétéronomie, suivant le langage de Kant. Si, en efi^et, la loi, au lieu de se prendre dans le domaine propre et toujours ouvert de la moralité, se cherche au dehors, il ne dépend plus de l'agent de la connaître. L'agent sait toujours si son acte est juste, car c'est assez qu'il le croie juste
l4o PRINCIPES SECONDAIRES DE LA MORALE
en conscience, et la justice pratique n^est que cela; mais il ne sait point si son acte est utile, parce que Futilité ne dépend pas de sa pensée.
Pour attribuer au principe de l'utilité une valeur de critère moral, il faudrait abandonner Futile réel, quel qu'il puisse être, rentrer dans la conscience et demander qu'il suflBt à la moralité de celle-ci de suivre l'utile apparent et de s'y conformer. Mais cette concession s'accorderait mal avec le principe, objectif de sa nature» et ferait revenir par une voie détournée aux lois de la justice et de l'idéal que l'utilitaire veut éviter. Cet expédient une fois écarté, il n'y a plus qu'une ressource, qui consiste à ramener, dans la théorie même» à l'idée de l'utilité celle du devoir ou de Tobligation, ou tout autre principe plus élevé que l'intérêt personnel, par exemple le perfectionnement de soi-même, ou Vutilité générale. J'examinerai à leur tour ces principes. Ici je ne veux plus que montrer, ou plutôt rappeler, après beaucoup d'autres moralistes, l'impossibilité où l'on est de les imposer à l'individu au nom de la seule utilité qui doit toujours se rapporter foncièrement à lui.
Quant au perfectionnement de soi-même, il est visible que ce principe se rapporte formellement aux idées de perfection ou d'idéal. L'agent, raisonnable comme on le suppose, qui sera invité à se perfectionner en vue de son utilité propre, reconnaîtra la valeur du précepte, suivant ce qui a été dit plus haut de l'extension de l'utilité ; mais il lui sera permis d'objecter dans les cas particuliers son utilité immédiate et directe, laquelle est si communément opposée à l'intérêt de son perfectionnement et doit lui sembler plus nécessaire.
La situation est la même à l'égard de l'utilité générale. L'agent y souscrira, en tant qu'il l'estimera ordonnée pour son utilité personnelle, mais il ne verra pas qu'elle le soit toujours. On lui prouvera que l'utilité générale est nécessairement celle de l'individu en général, et il en conviendra, mais il n'est pas, lui, l'in-
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dividu, en général, il est tel en particulier, et il peut lui être moins utile de prétendre aux avantages qui lui reviendraient comme individu en général, à la suite d'un sien acte conforme à Futilité générale, que de s'assurer ceux qu'il trouve comme particulier à faire un acte contraire. On gagne, en effet, un millième, un millionième, en tant que membre d'un corps, là où l'on gagne une unité entière en sacrifiant ce millionième ; et, par conséquent, on sacrifie l'unité chaque fois qu'on agit de manière à s'assurer la fraction. Cette loi est sensible, par exemple, dans la comparaison de ce que gagne et perd un travailleur associé en consacrant à l'association le temps qu'il lui doit ou en en détournant l'emploi pour son profit exclusif. Il est vrai qu'on répond à cela que si tous pensaient et agissaient ainsi comme particuliers, la ruine de l'utilité générale entraînerait celle de chacun. Mais c'est au fond rentrer dans le même argument de théorie. En fait, il n'en est point ainsi ; pour une raison ou pour une autre, tous ne pensent pas et n'agissent pas de même, et chacun peut en profiter pour penser et agir ainsi, et le principe de l'utilité générale n'a pas la vertu de prouver à chacun que son utilité propre, eflfective, est de s'y conformer.
Je ne parle pas de la bienveillance, ni du sentiment moral. Il est trop manifeste que les sentiments et les passions ne prennent place dans la sphère de l'utilité de l'agent qu'autant qu'il les éprouve. Or, s'il ne les éprouve pas, nous sommes impuissants à lui faire accepter des préceptes qui les supposent, et la théorie de l'utilité n'a nul moyen de les déduire.
Reste le devoir ou l'obligation d'agir d'une manière conforme à l'utile en général, et non selon les cas particuliers seulement. Mais sur quoi fondé? nécessairement sur le désir de la tranquillité et la crainte de la peine, l'une ou l'autre étant attachées, au moins comme possibles, à l'accomplissement ou à la violation de ces prescriptions utiles à soi ou à autrui et qu'on nomme des devoirs. C'est ainsi que de tout temps les utilitaires
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l'ont entendu. Mais il faut alors supposer que cette tranquillité et cette peine entrent en première ligne dans ce qu'il est utile de posséder ou d'éviter, et ceci dépend des passions de chacun. Un homme peut dire et dit souvent en effet préférer la satisfaction des passions vives à la paix de l'âme et à la longue vie que promettent les moralistes. L'utilité est donc renversée pour lui ; et comment la redresser sans invoquer aucun autre mobile ? De même, dans la sphère de la justice, un scélérat systématique, et il y en a de tels^ triomphera delà théorie de l'utile, s'il déclare, au nom du calcul des probabilités appliqué à ses passions, que les grandes jouissances, avec les chances de malheur qui résultent du crime, sont plus propres à le satisfaire que la possession de quelques maigres biens avec toutes les chances possibles de paix et de repos. Il juge librement de ce qui lui est utile et son jugement est inattaquable.
En plaçant ici des redites malheureusement nécessaires, je n'ai nullement l'intention de combattre le principe de l'utilité individuelle. Que ce soit là un mobile en effet, c'est incontestable ; qu'il soit pur, dès que l'application en est éclairée par la connaissance de la justice et des premiers devoirs envers soi-même, auquel cas l'intérêt et l'utilité se limitent eux-mêmes ou se transforment, je ne le nie pas davantage, ou plutôt je le réclame ; et j'ajoute que lorsque le sens du principe utilitaire est dégagé par la raison et porté à l'idéal, lorsque, en pratique, l'exercice de la vertu le rattache à la notion et au sentiment du devoir, il arrive à se confondre dans la loi morale. Il suppose l'accord de cette loi et du bonheur. Mais le juste est premier, l'utile vient en second. C'est l'utile qui doit fléchir dans les cas où la conciliation ne paraît pas possible. La morale s'arrête à ce point, invoquant seulement à titre de postulat l'existence d'une utilité totale et dernière des personnes, supérieure à ce que l'expérience humaine peut atteindre et qui serait en harmonie avec la justice (V. chap. xxviii). La justice est la règle fondamentale
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donnée à la conscience, la seule, en eflfet, qui lui soit parfaitement connue et toujours à sa portée.